30 juillet 2007
Le soleil OUI ! La canicule NON! La pluie, reste dans ta saison !
Régulièrement, je vais visiter le blog d’une française à NY (en link blogs informatifs) afin de me tenir à la page et me rasséréner sur le fait que j’eus raison d’enjamber l’été new yorkais.
Ce n’est pas que j’affectionne particulièrement la pluie normande mais je la prèfère de loin à la gouttière « déco » qui se déverse sans retenue du dos jusqu’à la raie des fesses. Vous l’aurez compris, je suis une « hivernophile » qui s’émotionne de retrouver ses collants multico après avoir balancé sur les rails du métro les mules dérapantes pour «pieds qui suent», crées spécialement pour les grandes villes par des chausseurs de génie qui n’ont rien compris au mot « fonctionnalité ». Quand on a la prétention d’habiller le pied de milliers de Cendrillons du XXIe siècle, on pense d’une part à l’esthétique et d’autre part à son confort, au lieu de penser au mot rentabilité ! Donc les semelles en plastique, on oublie ! (ah ça fait du bien de déballer son sac!)
Pardonnez cette digression. Elle n’a d’autre but que de m’ammener à l’évidence que ce n’est ni le climat, ni l’hygiène, ni la malbouffe qui me manquent de New York mais tous ses points positifs (l’énergie communicative, les soirées festives ) qui font pencher la balance du côté « Ville Magique » et vous font oublier tous ses désagréments.
Sauf que lorsque la coupe est pleine, vient le danger de s’en écoeurer. Ajouter à cela une mauvaise passe sur la courbe des hauts et des bas, et l’on risque de ne plus voir la ville en peinture. Sans regrets ! Je suis partie avec une bonne estime de NY et j’y retournerai le cœur accroché, quand elle sommeillera sous la neige. Hum…le douillet tapis blanc sur Central Park, le nez givré, les kms de collants à remonter jusqu’au cou, les triples couches et surcouches à enfiler comme un hamburger…
C’est dit, je préfère encore m’ennuyer sous la grisaille parisienne en juillet. Je n’aurais pas supporté cette canicule écrasante qui amolit le cerveau et coûte un bras à chaque geste. Ni ces poubelles qui suintent, ce métro fournaise extra wagon et rhumifiant intra muros, ces cafards qui se multiplient à l’infini pour finir leur chute du plafond jusqu’à votre assiette quand vous pensez être tranquillement aux abris dans un restaurant (anecdote relatée sur ledit blog). Sauve qui peut, les rats quittent le navire ! (vision de la ville sous les ténèbres, envahie par des bestioles mutantes ). Je comprends mieux pourquoi les super-productions hollywoodiennes sont les seules à inventer de telles fables apocalyptiques (la Guerre des Mondes , Twister, Apocalypse Now ; tous plus affligeants les uns que les autres, soit dit en passant.).
Finalement, ils n’ont pas une imagination aussi débordante qu’on ne leur prête, ces scénaristes américains (bien qu’il faille reconnaître que leurs séries sont quand même d’un autre niveau que les nôtres), c’est facile de s’inspirer de la réalité !
Moi, je le fais tous les jours…
26 juillet 2007
"So Redoute"... So redoutable !
Avec sa couverture ringarde à la Kinder surprise, qui se veut populo dans le style puzzle Ravensburger : « la mode La Redoute de 7 à 77 ans », avec un ours en peluche polaire à la truffe en plastique, une grossière toque en fourrure blanche, une famille « bien sous tout rapport » emmitouflée de grosse laine et de la fausse neige qui leur pelliculise les cheveux, vous l'aurez compris, c'est l’hiver ! Selon La Redoute...
Ne sommes-nous pas encore réellement entrés dans l’été (merci de nous le rappeler) qu' ils osent déjà nous narguer avec leur hiver lourdeau qui approche à pas d’ours polaire… Faut arrêter les frais de papier, personne n’y croit et surtout pas l’homme glissé à l’intérieur du faux ours placardé sur l’encart du catalogue et soldé à 5€95. Ah non, ça c’est le prix du catalogue (on s’y tromperait presque), c’est bien ce que je dis, il faut arrêter les frais ! Ou alors les consacrer un peu plus à la maquette car on ne peut pas dire qu’ils aient embauché l’as du graphisme moderne (à moins que ce ne soit le même depuis la création du catalogue, dans ce cas, c’est bon il est rentabilisé, Oust au suivant !) A quand Fabien Baron, DA de La Redoute ??? Quand il tombera de la vraie neige dans leurs studios photos, c-à-d quand la baraque se sera écroulée…
Ne leur souhaitons tout de même pas le pire. Et n’oublions pas que le fameux rendez-vous été-hiver se rencarde chaque saison avancée sur la table du living…(Oui oui, encore aujourd’hui, c’est une coutume ancestrale qui remonte à la nuit des temps apparemment). Bref, n’oublions pas que nous avons tous au moins une fois dans nos vie pressé la touche du Minitel pour poireauter des heures dans l’espoir de passer commande et ne renions pas nos incartades de joie à la vue du postier tenant dans ses mains un gros colis (et nos incartades de peine aussi quand il fallait tout échanger). Mamamia que la dure loi du Prêt-à-Porter par correspondance ne fait pas de cadeaux (ou des pourris)!
Soit, nous pouvons l’excuser de sa ringardise parce qu’au fond nous y sommes attachés à ce catalogue mais cette saison, le living pète les plombs ! Les « réalisateurs » ont-ils déjà pris le temps d’observer les tendances et les ambiances déco du moment ? Ah oui, suis-je bête, ils font ça toute l’année pour savoir qui de plus « mode » aura l’honneur de siéger dans le Tome 1040 du Prêt-AP… Pour un catalogue qui se vante en premières pages de louer son espace à de grands stylistes, je serais un peu honteux d’afficher en page 3 des greluches niaiseuses aux pieds « moonbootsisés » dorés, fourrées dans les (fausses) griffes de l’ours polaire (encore lui !), en revers d’une page 4 relookée par Christian Lacroix et sublimée par Lily Cole. (Une petite parenthèse pour parler de mes deux chouchoux, C.L et son photographe fétiche du moment, Grégoire Alexandre. Lorsque nous travaillions avec ce dernier dans les archives Lacroix (ça c’est pour me la péter), Grégoire nous avait parlé de ce jovial week-end camarguais passé en compagnie de sa petite équipe et de M. Lacroix, c’est donc avec délectation que j’ai découvert ces pages. Vous vovez je ne suis pas totalement négative...)
Parce qu’au fond j’ai de l’amitié pour ce pavé, il fait partie des meubles… Ce pourquoi, nous l’excusons toujours. Nous l’excusons de présenter des banalités qui paraissent grandioses sur papier glacé (au moins un point sur lequel ils restent compétitifs : donner l’envie ; encore que ce soit principalement grâce à leur primauté d’avance sur saison). Nous lui pardonnons de ne jamais changer de mannequins (on ne change pas une équipe qui gagne… Mais vont-elles prendre des bourrelets un jour ces filles !). Nous lui passons ses moindres fautes de goût (du genre séquence historique « On n’est pas des Anges…(on est des putes) »). Oui, en fait, nous sommes vraiment laxistes !
Sans rancune, et surtout n’oubliez pas : « Le T-shirt tunique, le message mode de l’hiver. 100°/° mode, 100°/° viscose ».
Message reçu ?
(No comment, chacun sait que le T-shirt tunique est présent depuis 2 saisons si ce n’est plus, et qu’il commence déjà à passer de mode mais ça ne fait rien, La Redoute ne lésine jamais sur les effets quand ils tiennent un scoop : tout miser sur la dernière page de couv… C’est ça le secret de longévité !)
Non décidemment, je ne peux pas m’en empêcher, je suis une vraie langue de vip’…
25 juillet 2007
Une journée au Berghof
Hum, une bonne journée passée en compagnie d’Adolf !
Je sais, ce n’est pas drôle, mais j’essaie d’extérioriser mes lectures mortifères…
Evidemment ce n’est pas par goût pour le nazisme que j’ai choisi ce sujet, mais par hasard, en me promenant ce week-end sur les berges de l’Erdre. Celles-ci proposaient comme activité un « vide-grenier ». J’y furetais dans le but d’enrichir mon été de nouvelles lectures, et de vieux magazines dont je suis friande. Cette fois, j’ai découvert Historia, un cahier d’école de 150 pages qui, ainsi que son nom l’indique, s’attache à délivrer les secrets du passé. Un titre attira mon regard : « Les vacances de Hitler », août 1968, n° 261. 50 centimes d’€, je flambe et j’achète ! (j’ai d’ailleurs beaucoup flambé : 6 livres pour 2€50, je ne sais pas si mon compte en banque résistera…) Effeuillage d’Historia suivi du visionnage du film en couleur sur la maîtresse d’Hitler, Eva Braun ; je me suis fait une journée à thème. C’est toujours un peu abrutissant ces journées, cette fois-ci j’avais la nausée.
De grâce, laissez-moi vous faire partager…
Dans le film, c’est Eva Braun en personne qui, de sa caméra américaine dernier cri et de son rêve d’actrice ratée, nous invite à approcher le Fuhrer. Invitation que l’on déclinerait presque tant l’idée d’humaniser le mal est insoutenable.
Et pourtant j’accepte. Galvanisée par les couleurs, hypnotisée par ces images inédites, séduite par la beauté d’Eva. Cette jeune assistante d’Heinrich Hoffmann - photographe particulier et théoricien du magnétisme Hitlerien sur fond de musique wagnérienne - qui à 17 ans rencontre « l’homme de sa vie » dans la boutique propagande du futur chancelier. Treize années à ses côtés, dans l’unique but de conquérir l’homme qui se disait « marié à l’Allemagne » et qui, pour cause ne l’épousera que le dernier jour de leur vie, quand l’Allemagne aura prononcé le divorce. Une soumission punitive jusqu’à accepter le refus de son conjoint pour la paternité : « Les enfants d’un génie ont d’énormes difficultés dans la vie, ce sont toujours des crétins. » lui assène-t-il en contre-argument.
Hôtesse souriante, candide, narcissique, elle se fait tour à tour réalisatrice et comédienne, se posant comme la principale témoin de moments tristement historiques (Juillet 40, elle filme le retour triomphal du guerrier à Berlin, de sa chambre de la Chancellerie). Insouciamment ? Pas sûr. Eva Braun connaissait l’existence des camps, a parfois plaidé pour la survie de quelques amis condamnés pour haute trahison et s’est appliquée jusqu’au bout à dissimuler ses films à l’abri de la destruction, laissant le soin aux alliés de les découvrir. Films amateurs tournés de 1929 à 1944 pour justifier sa présence autour du Fuhrer (la consigne étant de ne jamais parler d’Eva, simple secrétaire) et pour glorifier son « être exceptionnel ». Sans remords de sa part. De la nôtre, malaise immédiat à observer se pixelliser un visage que l’on ne lui prêtrait pas : souriant, détendu, affectueux avec son berger alsacien et les enfants de ses sbires.
Envoutée, Eva filme son maître en repos au Berghof (sa résidence secondaire nichée au creux des Alpes), passant du statut de « maîtresse suicidaire » (en 1932 et 1935, délaissée, elle fait deux tentatives de suicide ) à celui de «Maîtresse en titre» en 1937 ; dégommant ainsi toutes ses rivales potentielles : Winifred (belle-fille de Wagner qui, en 1923, fournira à Hitler le papier « vital » pour la rédaction, en prison, de son Mein Kampf), Geli (la nièce sequestrée et harcelée par son oncle qui finira par la suicider en 1931), Leni Riefenstahl (star de cinéma et réalisatrice du film de propagande enracinant le nazisme, Le Triomphe de la volonté). Des femmes occupant une place secondaire dont Hitler s’est servi pour asseoir son ambition politique.
C’est en cela que se démarque la relation Hitler-Braun. Car Eva, femme de l’ombre, n’est pas du genre à tirer les ficelles. Elle se désintéresse complètement de la politique, plus préoccupée de la tonicité de son corps que de la guerre. Lors de nombreuses prises, nous l’observons se pavaner en maillot de bain sur la terrasse, s’exercer sur des barres asymétriques, se baigner dans les eaux de montagnes. Coquette oisive qui se changeait 6 fois par jour (malgré les reproches de son amant, amateur de femmes naturelles), elle ne pensait qu’à s’amuser, entourée de sa famille et de ses ami(e)s.
Détestable par son indifférence au sort du monde, insaisissable par son amour pour l’incarnation de la barbarie, touchante par sa fraîcheur, nous ne saurions la jauger. Petite cervelle, pantin, pâte à modeler ? Le mystère reste entier. Une chose est sûre : elle ne serait pas restée auprès du monstre si elle avait représenté un quelconque danger. Quant à lui, c’est sans doute la femme-enfant qu’il apprécie le plus en elle : « Il n’y a rien de plus beau que de former une jeune fille. A 18-20 ans, elles sont maléables comme de la cire, il est possible à un homme de la marquer de son sceau, la femme ne souhaite rien d’autre. » Pédophile, sado-masochiste selon certains historiens, c’est d’abord sur les femmes que s’exerce son obsession de domination.
« Quand il me regardait, je sentais des gouttes de sueur descendre entre mes seins » témoigne Ilse Braun, la sœur d’Eva qui était bien la seule de la famille à s’en défier. Assistante et maîtresse d’un médecin juif en exil, elle assistait rarement aux fêtes du Berghof, seul lieu où "l’implacable seigneur de la guerre devenait le débonnaire hobereau de campagne" (Nerin E. GUN, Historia). Conviée au dernier Noël du Reich, elle décrit avec précision le comportement du couple : « Hitler était en frac. Il voulait ainsi marquer l’événement. Ma sœur Eva avait beaucoup fait pour le convaincre de s'habiller avec un minimum de goût. "Regarde Mussolini, disait-elle, il a un nouvel uniforme. Et toi, avec tes casquettes de facteur ! » Elle lui demandait de renoncer aussi à ses éternelles cravates sombres et à ses souliers noirs. Elle insistait auprès des valets pour que ses vêtements fussent repassés chaque jour. A l’Obersalzberg, jusqu’au début de la guerre, Hitler était presque toujours en civil. Eva lui faisait constamment des reproches, parce que ses cheveux étaient mal peignés (sa mèche ne lui plaisait pas) ou parce qu’il s’était coupé en se rasant. Hitler lui répondait : « Il y a plus de sang versé en s’égratignant quand on se rase que sur les champs de bataille de toutes les guerres.» »
Et pour finir sur une note plus légère, parlons mode :
« Les femmes disent toujours qu’elles veulent se faire belles pour l’homme qu’elles aiment, puis elles font tout le contraire de ce qui pourrait lui plaire. Elles mettent tout en œuvre pour le conquérir, ensuite elles ne sont plus que les esclaves de la mode et ne cherchent à rendre jalouses que leurs petites amies. »
Qui est l’auteur de cette citation ?…Hitler
(Oui encore une fois je sais que ce n’est pas drôle, mais je fais ce que je peux pour détendre mes muscles!)
18 juillet 2007
L'Orgasme en Aparté
Arte, lundi 17 juillet, 10h22 : L’heure est grave.
Remettez vos pendules biologiques à l’heure, ce soir on parle ORGASME, Ta Da !
Et on laisse les femmes s’exprimer librement, caméra pointée sur leur sexualité, double Ta Da !
Rectifions le tir. Disons plutôt que les femmes se sont autorisées à parler sans pudeur du sujet longtemps éhonté ; fait rarissime - devant la France et l’Allemagne réunies - bien que nous soyons de moins en moins brimées sur la question, il faut l’avouer… Allons, tout le monde sait qu’entre copines, les filles se lâchent à mort et ne tarissent pas de détails crus (et cruels pour nos pauvres hommes) sur leurs ébats ; ce qui explique entre autre le succès de la série Sex&TheCity dans laquelle chaque femme pouvait s’identifier (« T’es une grosse Samantha toi ! » « et toi t’es Charlotte, espèce de coincée ! » — oui, ça pouvait aussi provoquer des rixes... Bon bah moi, c’est Carrie et ses chaussures, bien que je ne pense pas avoir son côté cul-cul la praloche (et encore, des fois ça vient on ne s’en rend pas compte...) Mais comme on a souvent rapproché mes chroniques new yorkaises à celles d’une Bradshaw (ce n’est pas moi qui le dis, je vous le jure !), j’acquiesce et je m’incarne en Mme Big le temps d’un songe...
Mais revenons à nos moutons noirs.
Le documentaire se penchait au préalable sur le cas des femmes, sans omettre d’interroger les hommes, en réponse à cette tyrannie qu’exerce désormais la femelle sur le male (car à ce stade du documentaire, nous sommes tous des bêtes, RRRRR !). Ah, comme les temps ont changé, il en faut des couilles pour être un homme aujourd’hui !
Prudence, pas de généralités abusives. Aussi réel qu’il reste des ignards totalement indifférents à la complexité féminine, et des froussardes frigides incapables de succomber au « laisse-toi aller », de plus en plus rares soient-ils apparemment. Alléluïa ! Il paraît même qu’ à force de trop vouloir contenter sa belette, l’homme s’oublierait… (ça j’ai quand même du mal à le croire ; à moins qu’il ne s’agisse de performance, là je serais plus facile à persuader.)
La femme s’affirme, l’homme se fait peluche, dans un inversement des valeurs parfois cataclytique ; conséquence d’une incompréhension mutuelle : «Pas de calin, ni de prémiminaires, attaquons directement » (détrompez-vous, c’est la fille qui parle..) Hé oui Mesdames, ne soyez pas trop brusques, ça peut ramollir nos hommes ! (Loin de moi la prétention d’être une donneuse de leçons, j’ai tout autant appris à travers ce docu.)
D’ailleurs ce qui m’aura le plus étonnée, c’est ce franc-parler avec lequel se livraient les protagonistes, hommes-femmes confondus. Cette petite étincelle coquine dans l’œil de nos apprentis comédiens qui, à l’abord du sujet, se dévoilaient avec malice, oubliant peu à peu la caméra, pour finir par se mettre à nu (au sens figuré, j'entends). Et Josette (nous l’appellerons comme ça, je ne sais plus son nom) — cette septuagénaire discrète et réservée qui avait accepté de jouer le jeu à l’abri des regards courroucés de sa bourgade campagnarde — si touchante, avec ses yeux clairs embués de larmes, au souvenir de son premier orgasme à 46 ans ! (Vive la révolution sexuelle...) Et que dire de ces anciens hyppies reconvertis en Experts du point G qui ont mis à disposition publique des ateliers « nature et découverte » pour âmes en peine de se trifouiller l’anatomie ?? Hé bien que ça n’est pas donné à tout le monde ! (ça m’a quand même bien fait rire…)
En points concluants de cette étude (très sérieuse, attention !), c’est que la femme OSE, elle ne se cache plus derrière des ânonnations et fantasmes inassumables. Danger : Passer de la femme-objet à l’homme-objet (on a bien vu les conséquences néfastes de cette passation de pouvoir expérimentale à NY).
Quant à l’homme, il refuse désormais qu’on le prenne pour une machine bestiale, il réclame en dommages et interêts - contre ce préjudice vieux comme Hérode - une prise en considération, de l’attention et de la douceur…
Rien ne va plus !
17 juillet 2007
Dur, dur d'être tebé...
Prenez vos cahiers.
Exo 2, p° 23 :
Enoncé :
La télévision, c’est pour les cons.
Or, la télévision serait le miroir de notre société.
Et comme (a+b)’= a’+2ab+b’
Conclusion 1: C’est nous les cons.
Or, ce miroir serait aveugle sur certains côtés et engloberait volontairement une partie de la population récalcitrante.
Alors, selon le théorème de Pythagore, le carré de l’hypothénuse est égal à la somme des carrés des deux autres côtés.
Conclusion 2 : On n'est pas tous cons.
Problème : Comment faire pour que la minorité des moins cons fasse entendre à la majorité des plus cons que ce n’est pas en nourrissant ses brebis d’herbes pourries qu’elle fera du bon Chavroux ?
Vaste programme. Vous avez 2 heures pour plancher et pour pondre un plan de rescousse à TF1.
Copie N° 5 : Elève anonyme nommé Brian (futur pro-Bush)
1ere mesure : Appliquer le modèle américain. Des séries sur toutes les chaînes à n’importe quelle heure. De la pub toutes les 8 mn pour petite vessie. Des infos fantômes et autharciques.
2eme mesure : Expérimenter l’anarchie télévisuelle. Programme à la carte. A chacun de proposer son contenu.
Mesure finale : Foutre le feu aux studios TF1.
Copie N° 18 : Elève anonyme nommé Nicolas (futur ministre, et plus si affinités…)
1ere mesure (d’urgence): Supprimer Secret Story (une pétition est lancée). Commencer par fusiller Laly, rebelle martyre irrécupérable. Elever le niveau d’orthographe qui doit être encore plus pittoyable que le niveau oral, éradiquer les grossièretés. Arrêter de jouer avec la nourriture (Fort Boyard avec des provisions à la place des boyards, une honte pour le père Fourras !). Donner aux pauvres habitants un but dans la vie. Leur passer des reportages Arte. Dégommer Castaldi (et par la même occasion Nikos, grosse faveur ).
Deuxième mesure : Déprivatiser TF1, rendre à la France ce qui était de son domaine public (retour à la dictature Gaulliste, plein pouvoir au Président !).
Mesure finale: Créer un ministre de la télévision pour éviter les «Bigdil», « Maillon Faible » et autres boferies en tous genres.
Copie N° 25 : Elève anonyme nommé Ronan (futur rugbyman pro)
1ere mesure : Remplacer le JT par Stade 1 et Téléfoot (ou au moins à heure de grande écoute)
2eme mesure : Faire des vidéos vestiaires des sportifs et sportives (Exemple de titre : « Les yeux dans les douches »)
Mesure finale : Créer une Equipe télévisuelle.
Copie N° 30 : Elève anonyme nommée Sandra (future féministe)
1ere mesure : Ne mettre que des femmes (Claire chazal, Daphné Roulié..)
2eme mesure : Ne parler que des femmes (sujet exemplaire, tiré du Documentaire du 16 juillet sur Arte : « Orgasmus - was ist das »), ne donner la parole qu’aux femmes.
Mesure finale : Ségolène directrice de la Star Academy.
Après délibération du jury....
La copie N°18 a été élue à 54°/° des voix.
15 juillet 2007
Après l'action, la dépression
Je m’ennuie.
C’est un fait indiscutable.
Selon les spécialistes, j’aurais tous les symptômes de la dépression post NYCity :
- Plus goût à rien
- En manque d’adrénaline
- En manque d’inspiration sur son blog
- Trouve tout nul (et surtout les soirées)
- N’apprécie pas ses vacances
Deux mois de vacances, c’est pourtant inespéré ! Combien rêveraient d’être à ma place ?
C’est bien connu, on rêve toujours à ce que l’on a pas (pour ma part un travail à plein temps, l’esprit occupé par des préoccupations autres que : « Que vais-je manger ce midi ? Comment vais-je occuper mes vacances ? »
Des vacances, Oui, mais pas méritées, ce qui leur soutire quelque saveur : « Vous êtes condamnée à deux mois de vacances forcées », verdict sans appel pour me punir d’avoir trop profité hors vacances scolaires. Pas cool God, il faut toujours qu’il reprenne ce qu’il a donné, dans un soucis d’équité : « Tu t’éclateras 3 mois dans l’année, de février à mai, ton prochain de juin à septembre. » Que veux-tu répondre à cela, je ne peux crier à l’injustice…
Alors je prends mon mal en patience, je fais des projets sur la comète-planète, j’élabore des stratagèmes anti-ennui (qui échouent la plupart du temps), je m’invente des amants (pas encore des amis, Dieu merci !), je fais chaque matin ma gymnastique du rire et parfois du footing pour me vider l’esprit (déjà bien vide). Je me dis qu’un jour tous ces efforts paieront. A moins que je ne sois devenue trop exigente sur mes ambitions de vie… M’épanouir dans chaque domaine de la sphère privée, professionnelle et intellectuelle, c’est trop demander ça ? Non, vous ne me convaincrez pas du contraire, et puis j’ai toujours aimé placer la barre assez haute. Ce n’est qu’une mauvaise passe, je vais me refaire (je reste optimiste comme vous pouvez le constater).
Pour vous abréger mes dernières semaines, je vous rassure je ne suis pas non plus restée inactive (sinon ça ferait déjà un bon moment que je serais sous terre) : 15 jours de showroom chez Balenciaga à saper, décoiffer, accessoiriser, cintrer, boutonner, chausser, délacer des mannequins toujours plus jeunes (16 ans pour un mannequin homme, cherchez les poils à la loupe…). Ranger, déranger, habiller, déshabiller, aimer, désaimer… de quoi devenir chèvre ! Mais le produit n’étant pas du Jennifer, les gens pas des habitants de Secret Story et les buffets pas du « Made in States » l’aliénation ne m’aura pas atteinte complètement. D’autant que les défilés Haute-Couture auront entrecoupé cette routine du luxe.
Invitée par mes amies du Musée de la mode, je fus conviée au défilé H-C de Christian Lacroix : un enchantement, que dis-je un émerveillement ! L’art et l’esthétique de concert pour un talent hors pair ( je suis une fidèle de Christian Lacroix et le fait d’avoir œuvré pour sa prochaine exposition me conforte dans l’idée que c’est un génie-bosseur qui mérite tous les lauriers. Vous en connaissez beaucoup des hommes qui touchent aussi bien à la mode, au costume de théâtre, au design de TGV, à la décoration intéreure, à l’écriture ? A part Poiret, je ne vois pas – désolée, ça faisait longtemps que je ne l’avais pas cité…)
Toutes ces poupées crêpées au rateau, enrubannées de soie colorée (bien que le noir soit de mise cette saison) et de volume poids plume pour un effet des plus historiques ; effet finalisé par une Lily Cole flamboyante qu’Anna Wintour n’aura pas daigné saluer, préférant fuir pour devancer les embouteillages. Quant au « standing ovation » soutenu par la salle comble dans un élan de reconnaissance, on ne peut pas dire que les journalistes de mode se soient senties très concernées. Rabougries sur leur siège, les bras croisés, affectant une moue d’ennui, elles n’ont pas même pris la peine de lever une petite paume de main, blasées qu’elles étaient. Et dire que c’est un peu pour elles que les couturiers se donnent tant de mal…
Au moins les photographes sont-ils plus réactifs : amassés en bout de piste pour dégainer leur calibre et leur mitraillette à flash, on sait pourquoi ils sont venus. Non pas pour subir une cure d’amincissement éclair, à observer avec compassion leurs chemises détremprées, mais bien pour faire du chiffre. Si un modèle ne posait pas quelques instants en bout de podium pour satisfaire leur commanditaire, un brouhaha plaintif et collectif, annobli de sifflements, montait crescendo, admonestant la malheureuse de son non-professionalisme.
Hélas point d’images du défilé, j’avais oublié mon appareil photo, mais faites un tour sur le site de Florence Müller si vous êtes intéressés. (De même pour les photos du showroom Balenciaga, vous ne les aurez que dans 15 jours quand j’aurais retrouvé mon cable, ah la technique c’est exaspérant !)
PS : Excusez-moi pour ce délai inadmissible durant lequel je vous ai abandonné. C’était contre mon gré (je vous rappelle qu’on m’a lavée le cerveau pendant 15 jours) mais aujourd’hui ça va mieux. Je vous promets de revenir avec plein d’entrain, plein d’idées et d’envies ! (Tout ça pour que vous me laissiez à nouveau des commentaires, que ne ferait-on pas…)






