20 février 2008
Le retour de Denise Poiret (épisode 3)
Bien sûr, il y a une vie après Poiret...

Je ne vais pas vous réécrire mon mémoire, rassurez-vous, mais simplement illustrer l'avant-gardisme de Denise Poiret.
Denise Poiret, une femme libérée ?
(Poiret, Y. Deslandres)
C'est cette robe, présente dans la vente, qui m'a poussée à la confidence:

Vue sous cet angle (Drouot= moquette pourrie+photo= mauvaise qualité car piètre photographe) c'est sûr, ce n'est pas très parlant.
Peut-être préférez-vous la voir à plat ?

ou portée ?
Oui, c'est toujours mieux porté... Vous remarquerez d'ailleurs que cette robe mise en vente la semaine dernière n'est pas la même que celle sur la photo, beaucoup plus échancrée, pour ne pas dire outrageusement décolletée...
Une autre photo, très posée... (Paul Poiret tenant l'objectif)

Avec en toile de fond, ce tableau de l'artiste Kees Van Dongen — peintre néerlandais installé à Paris en 1897, Fauviste, rattrapé au vol par la poigne de Poiret qui le crucifie au-dessus de son lit — et qui porte si bien son nom : "Quiétude".
Nous pourrions écrire un roman sur ces photos volées ; tant de détails, tant d'objets d'art, tant d'indices qui nous mettent sur la piste de paul et Denise...

Remettons-nous dans le contexte :
1910, avant la première guerre mondiale, à l'époque où Cocottes corsetées et femmes de boudoir se pavanent à Longchamp le derrière en cul de poule (mode des cul-de-Paris) et le buste arnaché dans des sangles lacérées (je n'ose imaginer cette torture des corsets, impossible de bouger, de s'asseoir, de tousser ; comment les femmes ont-elles pu s'imposer pareil souffrances ? Et ces messieurs leur infliger cela ?)
Une liberté qui n'a donc pas sa place dans cette société soumise aux conventions et au protocole vestimentaire.
Et Poiret de n'en faire qu'en sa tête. De bannir ces objets de torture pour encenser la féminité, car il aime les femmes à en perdre la raison — impossible jusqu'à ce jour de déchiffrer le nombre de maîtresses qu'il a eu... Et Denise, de respirer le grand air dans son jardin du Pavillon d'Antin, les pieds dans l'herbe, le corps en apesanteur. Et tout cela avec une ineffable spontanéïté, comme si jamais il n'y avait eu de luttes féministes acharnées — les suffragettes de l'époque ont dû être stupéfaites de tant d'effronterie ; elles se battaient pour leurs droits, mais pas encore pour leur liberté sexuelle et corporelle, le sujet reste tabou.
(Denise dans sa robe Delphinium, qu'elle nomme "robe Bonheur")
(la fameuse... Exposition chez M. Alaïa,2005)
Et de se déguiser — contrainte ou de son plein gré ? — lors des festoyades qu'organisaient chaque année son mari-couturier, amateur de franches camaraderies.
Denise était-elle aussi libérée que ces photos le prétendent ?
Par sa grâce naturelle et son physique intemporel (je la verrais très bien aujourd'hui arpenter les catwalks avec un perfecto et des bottes tarabiscotées par Pierre Hardy pour Nicolas Ghesquière; d'ailleurs elle était bien la première à porter de façon révolutionnaire des paires de bottes en cuir colorées à talons plats, et à faire scandale à son arrivée aux Etats-Unis, à peine débarquée du paquebot qui les amenaient, elle et son mari, en tournée outre-atlantique), elle n'en reste pas moins une exception.
C'est pourquoi ça ne m'étonne pas que ces petites paires de bottines à lacets en suédine vert, datant du milieu du XIXe (de la dernière vente), aient appartenu à Denise...
Une femme tout simplement en avance sur son temps...
15 février 2008
Le retour de Poiret... (épisode 2)
Le dernier coup de marteau ayant retenti, je peux désormais m’adonner au plaisir de vous conter la suite de l’histoire et surtout me délecter de son Happy end. Car cette vente fut un succès...
Avec un record de 80 000€ pour un manteau 1920 d’inspiration Maghreb (en lainage écru à bandes brunes tissées par Rodier) — et d’autres belles victoires — je pense que les petits-enfants de Paul et Denise n’auront pas été déçus.
(exposition publique Drouot-Montaigne)
Certes l’excitation n’était pas autant à son comble que précédemment vécu en 2005 (peut-être aussi parce que cette fois j’étais seulement spectatrice) mais il est toujours aussi plaisant de réaliser qu’une pièce de vêtement peut aujourd’hui être l’égal d’un tableau - en valeur j’entends (ce que j’avais déjà formulé dans l’avant-propos de mon mémoire). Ce n’était pas le cas, il y a dix ans, et c’est en cela que la vente Denise Poiret de 2005 fut exceptionnelle, car elle accomplit un pas de géant pour la valorisation du patrimoine mode. Jusque là, les sommes ne dépassaient pas les 4 zéros. Le 14 mai 2005, elle en rajoutait un 5e — je vous remémore le record mondial : 110 000€ pour un manteau d’automobile d’inspiration Maghreb, tissé Rodier, que voici:
(exposition publique chez M. Alaïa, avril 2005)
A l’observer de loin ou de près ce manteau, si moderne et intemporel, on comprend très bien pourquoi des collectionneurs se sont dignement battus pour rentrer en sa possession ; un vrai duel. Je me souviens de ces discrètes inclinaisons de tête— d’ailleurs cette discrétion est fascinante, ce sont toujours les personnes les plus mal peignées, les mieux loties— à peine perceptibles, et de cette cadence effrénée à laquelle les chiffres grimpaient. C’est ici le clou du spectacle, quand l’adrénaline monte, et que l’on se demande qui de l’acharné aura le dernier mot.
Le crieur joue alors un rôle primordial car il est celui qui donne du rythme à la vente en reprenant à haute voix les sommes claironnées par le commissaire-priseur (et c’est là encore que la personnalité du commissaire-priseur joue un rôle majeur, car s’il épice le tout d’une note d’humour, la décontraction de l’auditoire sera certainement plus bénéfique au succès commercial de la vente). Du théâtre à l'état pur ! Mais tant de théâtralité, pour une scène qui finit souvent en queue de poisson…
Je ne me suis pas faite à cette coutume qui voudrait que la salle se vide ipso facto, sans attendre la fin du round. Dans mon expansion, j’aimerais que les victorieux se pavanent avec leurs trophés, échangeant des mots d’esprit avec les vaincus, mais cela serait enfreindre les codes de bienséance. Qu'adviendrait-il si le collectionneur soulevait le voile de son anonymat ? Le charme serait rompu, cette attitude de retrait se faisant oiseau rare dans notre société "exhibitionniste".
Laissez-moi maintenant vous proposer une sélection de mes pièces coups de cœur, d’ailleurs reprise en cœur par les acheteurs. Je ne me suis pas trop trompée, les pièces que je pensais les plus intéressantes se sont envolées...
Je ne pourrais pas vous faire un classement par ordre de préférence car il y a des choses tellement différentes qu’elles ne rentrent pas dans l’ordre de la notation. Ce sont surtout des pièces qui attirent l’attention car elles attestent aussi bien de l’ouverture d’esprit et de la personnalité haute en couleur de Poiret, que de la modernité de Denise ou de la magnificence de cette Epoque (Belle ou Folle).
Je commencerais donc par vous parler de ce manteau qui a fait son record. Par son intemporalité, il fait parler de lui…
Tout d’abord, par la découpe brut du tissu, au décor inspiré des couvertures du Maghreb ou du tissu du burnous — du même coup de ciseau que ce manteau, présent dans la vente de 2005 :

J’imagine Paul Poiret au Maroc (car il a fait ce voyage en 1918 en compagnie de son fils Colin) a l’affût de sources d’inspiration. Je le vois fureter au marché, couper un bout de couverture avec une paire de ciseaux qui traîne dans son cache-poussière, le rouler en boule dans son imper et le plier en quatre dans sa valise Vuitton pour la conserver dans sa tissuthèque avant de l’utiliser à bien pour sa prochaine collection (les photos attestent de mon imagination, je vous rassure je ne délire pas complètement..)
Ce manteau est donc l’avatar de l’ouverture d’esprit du couturier, lui qui le premier, parcourut les continents avec sa femme pour puiser son inspiration dans l'éclectisme des cultures, aussi diamétralement opposées soit-elles (l’Afrique du Nord, la Chine, la Russie…)
Parlons aussi de cette doublure en pongé de soie imprimée, à motif de losanges gris réhaussés de feuilles stylisées bleu canard (soyons précis, je vous en prie). Elle n’est pas posée là par hasard cette doublure... C’est aussi ce que j’aime avec Poiret, il ne se lasse jamais de nous faire suivre un jeu de piste. En posant des indices, des clés pour accéder à son intégrité ( avait-il tout prévu, même cette vente ? On serait presque tenté d’acquiescer...)
(photographie extraite du livre "Poiret", Yvonnes Deslandres, Ed du Regard)
Cette doublure, comme je vous disais, révèle une autre facette de sa personnalité : elle induit sa collaboration avec des artistes de l’époque, qu’il a lui-même découvert en grand mécène qu'il était — d’ailleurs je me demande ce qu’il en est à propos de Rodier ??
Ici, l’expertise ne mentionne pas Raoul Dufy, mais je ne peux m’empêcher de penser à lui et à sa collaboration avec la maison de soierie lyonnaise Bianchini-Férier.
Pour la petite histoire, Paul Poiret avait spécialement crée pour son ami proche la « Petite Usine », en 1911. Un atelier de gravure sur bois et d’impression textile, bricolé avec les moyens du bord, qui permettait à l’artiste-peintre-décorateur-coloriste de travailler en toute liberté.
Cette liberté, elle semble innonder toutes les sphères d’activité dans lesquelles Poiret s’est jeté à corps perdu.. Finalement, le talent de Dufy étant très vite valorisé, il se fait débaucher par Bianchini-Férier et s’expatrie à Lyon. Poiret perd un proche collaborateur mais pas un ami, car il n’en voudra jamais à Dufy de l’avoir quitté pour augmenter son cachet ; ils continueront d’ailleurs à travailler ensemble, Poiret faisant appel à Bianchini-Férier pour ses impressions tissus.

Je pourrais aussi vous parler de la coupe et de la construction du manteau (le col montant, le boutonnage asymétrique, l’effet taille basse par une couture dans laquelle est dissimulée une poche…) mais je maîtrise très mal le sujet. J’ai pourtant beaucoup appris en écoutant les leçons de coupe formulées avec foi par Jean-Denis Franoux (professeur au Studio Berçot et assisant de l’Expert sur la vente) mais je serais incapable de vous les transmettre, étant une piètre styliste/modéliste. Un jour, j’espère acquérir ce savoir, car il est indispensable pour comprendre au mieux l’histoire de la mode et du costume.
14 février 2008
Le retour de Poiret... (épisode 1)

Le livre n’était donc pas fermé...
Poiret a encore des choses à nous dire. Et il ne s’est pas caché de nous le faire savoir cette semaine encore.
Le fait est avéré, relayé par la presse : le Grand Homme est de retour parmi nous, au travers de cette vente aux enchères tenue à l’hôtel Drouot aujourd’hui même, à 14h. Ce sont ses petites-filles (filles de Colin, décédé il y a 10 ans) qui décidèrent de léguer son art au patrimoine.
Je ne sais comment il réussit toujours à me faire vibrer (enfin si, je sais, mais cela vous prendrait la journée ! Je suis intarissable sur ce sujet… Hé non je ne m’en lasse toujours pas — C’est dingue cette attraction qu’il exerce sur moi… Mais, tu vas me lâcher Paulo !)
Hier, il déambulait de son air bedonnant dans les couloirs vieillots de Drouot. Se postant tantôt à la porte de la salle 9, où se tenait son exposition publique, pour accueillir les passionnés, ou recueillir leurs impressions au départ ; tantôt faisant montre de son éternel bonhomie, s’attachant à transmettre ses talents de couturier, le ciseau dans sa blouse boutonnée. Oui, j’aime à penser qu’il redevient chair. Aujourd’hui, j’ai gratté la lampe pour faire apparaître le bon génie. Et sentir sa présence rôder… Afin qu’il me chochote au creux de l’oreille « Viens voir comme mon Epoque était Belle, et tout ce que j’ai fait pour elle », comme s’il avait encore des choses à prouver, telle une revanche qu’il n’aurait toujours pas prise.

Son époque a eu la dent bien dure quand elle l’a vu déchoir. Sans doute de trop de jalousie envers sa Magnificence — il était à son apogée le Roi du Tout-Paris. La réussite fait des envieux, la chute des amis défectueux…Mais je ne m’attarderais pas plus sur cette facette de sa personnalité (qu’il a multiple).
Parlons plutôt de la vente, présidée par les commissaires priseurs Beaussant Lefèvre, expertisée par D. Chombert et F.Sternbach.
Certes, le catalogue n’était pas aussi réjouissant que celui de 2005. Imaginez-vous, un catalogue de vente banal, avec tout ce que cela implique de graphisme maladroit/MOCHE ; voilà vous avez tout compris. Et je ne vous parle pas de « la mise en lumière » des pièces (un fer à repasser ? Mais enfin, c’est interdit par la loi ! Restons dans les règles de l’art muséologique..), ni de la « scénographie » (terme inaproprié bien sûr… On est à Drouot, il ne faut pas l’oublier — Mais quand se décideront-ils à investir dans une nouvelle moquette (pas murale, je vous en supplie !!!) Quand je pense à tous ces aficionados qui piétinent quotidiennement les lieux de ce temple à la renommée internationale, je ne comprends pas pourquoi l’Etat ne daigne pas s’intéresser à sa modernisation. Bref, c’est un détail – enfin, quand même, ça me dépasse !)
Je disais donc — je me suis encore égarée dans les méandres de ma naïveté — que finalement peu importe tous ces à côtés, cela ne pâlit en rien le génie visionnaire de Paul et Denise Poiret (« Un visionnaire intemporel », pour vous citer le titre du catalogue…Oui vous avez noté le pléonasme.. Non, j’arrête de faire ma langue de vip. Enfin quand même, il faudrait peut-être penser à vous faire aider de temps en temps… Je ne remets pas en question votre savoir intarissable— loin de moi cette prétention -— mais je m’adresse ici à votre fibre « artistique » — sans parler chiffres, ni records mondiaux, puisque vous semblez bien pervertis par l’or jaune — à cette question du graphisme/mise en page/scéno totalement désuètes à mon goût (à chacun ses goûts bien sûr, je le conçois) et puis surtout j’ai envie de remonter le moral de vos cravates…
Vous ne voyez pas qu’elles dépriment ! On pourrait d’ailleurs écrire une thèse sur « le rapport de l’homme de l’art de Drouot à la mode ». Cet être hybride coupé du monde, qui ne gravit que les pavés du village Richelieu, ne déjeune que chez les bouchons cavistes qui jouxtent l’hôtel des passations monétaires ...
En gros (mais vraiment en GROS) il y a le village Disney Land, et le village Drouot. Le même concept, sauf que les peluches géantes Disney sont des hommes cravatés jusqu’à étranglement (ce petit cercle hermétique est vraiment fascinant, on se croirait sur une autre planète). Je ne dis pas qu’il faut un relooking extrême, restons dans les limites du réalisable) mais un minimum requis (ça devrait être une condition sine qua non à l’obtention du titre de commissaire priseur. On y lirait : « Brulez vos costumes de pingouin endimanché, dressez le nœud de vos cravates, point d'admission sans cela." Nous sommes au XXIe siècle, Messieurs alons reprenez-vous, tout n’est pas perdu !
Comme vous pouvez encore constater, je pratique beaucoup la sociologie du commissaire priseur/marchands d’art/commis (j’ai tout de même passé 6 mois recluse dans ce village, expérience richissime soit dit en passant — au sens figuré, car au sens propre je me suis plutôt ruinée dans les bouchons cavistes justement… MIAM on a beau dire, je me demande d’où ils exportent leur saucisson/cornichons, UNBELIEVABLE, so much taste ! Une gastronomie que le monde entier nous envie et je comprends pourquoi (sans parler des pavets de viande tendrissimes et surtout sans parler des crêpes suzettes à la fleur d’oranger, oh my God!). Bref, c’est à vivre.
Mais, je réalise que je suis "hors-sujet" ! Bah, finalement ce n’est pas si hors propos. Souvenez-vous que l’une des facettes de Poiret, c’est cette réputation corroborée par tous de BON VIVANT. Aussi je me devais de vous transcrire cette émotion sociologico gustative, afin que vous contourniez au mieux les sinuosités du personnage.
Evidemment, il me reste encore beaucoup de choses à aborder sur cette journée (et notamment l’essentiel : les pièces mises en vente, mes coups de cœur, des anecdotes — nombreuses… ) Mais je préférais attendre la fin de la vente avant de vous confier toutes les clés (enfin, pas toutes, c’est trop ambitieux, et sans doute trop mystérieux…) de cette aventure qui fait aujourd’hui appel à tous ces souvenirs/émotions auxquelles j’ai été confronté il y a presque 3 ans de cela.
Sans doute, parce que la vente de mai 2005 m’a révélée à l’amour de l’histoire de la mode, je garde de ces moments intenses une étincelle dans le regard — pour ne pas oser avouer une petite larme (car cela peut sembler exagéré d’un point de vue extérieur). Je vous assure que cette belle histoire humaine, je l’ai vécue et je ne cesserais jamais de me souvenir (sans finir empaillée, I promiss !) à toutes ces « leçons de vie » qu’elle m’a transmise. Parce que l’on a parfois tort de nier ses passions, en se disant que la société ne tolère pas ce genre d’élucubrations. Preuve que l’on peut s’y donner corps et âme, sans avoir peur de cette pression monétaire qui vous fait penser que jamais vous n’en vivrez.
Je ne voulais pas finir sur une mauvaise note moralisatrice, la sus-nommée « quand on veut, on peut »… Mais bien, sur une note positive.
19 novembre 2007
Exposition publique Drouot Montaigne
Si vous errez l'âme en peine Avenue Montaigne, venez arpenter le tapis rouge de l'Hôtel Drouot pour assister à l'exposition publique de la vente aux enchères "Temps forts"...

J'avais ouïe dire que quelques robes et chaussures Poiret y étaient exposées. Mais je ne savais pas qu'elles faisaient partie de la garde-robe personnelle de Denise..
Tous les modèles sont illustrés dans Le Poiret d'Yvonne Deslandres (Ed du Regard), c'est pourquoi je les connaissais déjà.

Sur une photo de 1924 Denise pose sagement avec le modèle Lure, cette robe du soir en lamé vieil or gaufré agrémentée d'une ceinture orange façon sari.

Sur une photo de 1912, lors de la traversée Paris-New York en paquebot elle joue l'écolière dans cette robe "Mélodie" en tissu damassé et velours violet.

Quant au manteau écru en lainage d'inspiration Afrique du Nord, il ressemble fortement au manteau "Maghreb" présent dans la vente Denise Paul Poiret de 2005...


Les photos ne sont pas très nettes mais vous pouvez entrevoir ici des chaussures modèle Aubusson (en doublon aussi dans la vente D.P.Poiret) ainsi qu'un paire illustrée par le dessinateur Guy Arnoux (la verte), que jouxte le fameux album Les Robes de Paul Poiret racontées par Paul Iribe :



M'émerveillant d'une salle à l'autre, à la chevauchée des époques, voici entre autre ce que j'ai pu entrevoir:
Du Perriand, grand cru 1945

Du Calder (peintures, mobile et tenue, digne du mouvement futuriste des années 30)

Du Raoul Dufy

Du Maurice Calka 1970

Du Sottsass Junior —tout à fait d'actualité puisque ma prochaine biographie pour Magazine lui est dédiée— cabinet "Mobile Giallo" à 18 tiroirs et 2 tablettes

Du Pierre Legrain (paire de tabourets cubes)

Du Napoléon Bonaparte : une robe Premier Empire à côté d'une chaise à porteur (très émouvant)

Du Gaultier, du Courbet, du Louis-Philippe, du marbre Antique et autres curiosités, une vraie machine à remonter le temps !




