26 juillet 2007
"So Redoute"... So redoutable !
Avec sa couverture ringarde à la Kinder surprise, qui se veut populo dans le style puzzle Ravensburger : « la mode La Redoute de 7 à 77 ans », avec un ours en peluche polaire à la truffe en plastique, une grossière toque en fourrure blanche, une famille « bien sous tout rapport » emmitouflée de grosse laine et de la fausse neige qui leur pelliculise les cheveux, vous l'aurez compris, c'est l’hiver ! Selon La Redoute...
Ne sommes-nous pas encore réellement entrés dans l’été (merci de nous le rappeler) qu' ils osent déjà nous narguer avec leur hiver lourdeau qui approche à pas d’ours polaire… Faut arrêter les frais de papier, personne n’y croit et surtout pas l’homme glissé à l’intérieur du faux ours placardé sur l’encart du catalogue et soldé à 5€95. Ah non, ça c’est le prix du catalogue (on s’y tromperait presque), c’est bien ce que je dis, il faut arrêter les frais ! Ou alors les consacrer un peu plus à la maquette car on ne peut pas dire qu’ils aient embauché l’as du graphisme moderne (à moins que ce ne soit le même depuis la création du catalogue, dans ce cas, c’est bon il est rentabilisé, Oust au suivant !) A quand Fabien Baron, DA de La Redoute ??? Quand il tombera de la vraie neige dans leurs studios photos, c-à-d quand la baraque se sera écroulée…
Ne leur souhaitons tout de même pas le pire. Et n’oublions pas que le fameux rendez-vous été-hiver se rencarde chaque saison avancée sur la table du living…(Oui oui, encore aujourd’hui, c’est une coutume ancestrale qui remonte à la nuit des temps apparemment). Bref, n’oublions pas que nous avons tous au moins une fois dans nos vie pressé la touche du Minitel pour poireauter des heures dans l’espoir de passer commande et ne renions pas nos incartades de joie à la vue du postier tenant dans ses mains un gros colis (et nos incartades de peine aussi quand il fallait tout échanger). Mamamia que la dure loi du Prêt-à-Porter par correspondance ne fait pas de cadeaux (ou des pourris)!
Soit, nous pouvons l’excuser de sa ringardise parce qu’au fond nous y sommes attachés à ce catalogue mais cette saison, le living pète les plombs ! Les « réalisateurs » ont-ils déjà pris le temps d’observer les tendances et les ambiances déco du moment ? Ah oui, suis-je bête, ils font ça toute l’année pour savoir qui de plus « mode » aura l’honneur de siéger dans le Tome 1040 du Prêt-AP… Pour un catalogue qui se vante en premières pages de louer son espace à de grands stylistes, je serais un peu honteux d’afficher en page 3 des greluches niaiseuses aux pieds « moonbootsisés » dorés, fourrées dans les (fausses) griffes de l’ours polaire (encore lui !), en revers d’une page 4 relookée par Christian Lacroix et sublimée par Lily Cole. (Une petite parenthèse pour parler de mes deux chouchoux, C.L et son photographe fétiche du moment, Grégoire Alexandre. Lorsque nous travaillions avec ce dernier dans les archives Lacroix (ça c’est pour me la péter), Grégoire nous avait parlé de ce jovial week-end camarguais passé en compagnie de sa petite équipe et de M. Lacroix, c’est donc avec délectation que j’ai découvert ces pages. Vous vovez je ne suis pas totalement négative...)
Parce qu’au fond j’ai de l’amitié pour ce pavé, il fait partie des meubles… Ce pourquoi, nous l’excusons toujours. Nous l’excusons de présenter des banalités qui paraissent grandioses sur papier glacé (au moins un point sur lequel ils restent compétitifs : donner l’envie ; encore que ce soit principalement grâce à leur primauté d’avance sur saison). Nous lui pardonnons de ne jamais changer de mannequins (on ne change pas une équipe qui gagne… Mais vont-elles prendre des bourrelets un jour ces filles !). Nous lui passons ses moindres fautes de goût (du genre séquence historique « On n’est pas des Anges…(on est des putes) »). Oui, en fait, nous sommes vraiment laxistes !
Sans rancune, et surtout n’oubliez pas : « Le T-shirt tunique, le message mode de l’hiver. 100°/° mode, 100°/° viscose ».
Message reçu ?
(No comment, chacun sait que le T-shirt tunique est présent depuis 2 saisons si ce n’est plus, et qu’il commence déjà à passer de mode mais ça ne fait rien, La Redoute ne lésine jamais sur les effets quand ils tiennent un scoop : tout miser sur la dernière page de couv… C’est ça le secret de longévité !)
Non décidemment, je ne peux pas m’en empêcher, je suis une vraie langue de vip’…
18 juillet 2007
L'Orgasme en Aparté
Arte, lundi 17 juillet, 10h22 : L’heure est grave.
Remettez vos pendules biologiques à l’heure, ce soir on parle ORGASME, Ta Da !
Et on laisse les femmes s’exprimer librement, caméra pointée sur leur sexualité, double Ta Da !
Rectifions le tir. Disons plutôt que les femmes se sont autorisées à parler sans pudeur du sujet longtemps éhonté ; fait rarissime - devant la France et l’Allemagne réunies - bien que nous soyons de moins en moins brimées sur la question, il faut l’avouer… Allons, tout le monde sait qu’entre copines, les filles se lâchent à mort et ne tarissent pas de détails crus (et cruels pour nos pauvres hommes) sur leurs ébats ; ce qui explique entre autre le succès de la série Sex&TheCity dans laquelle chaque femme pouvait s’identifier (« T’es une grosse Samantha toi ! » « et toi t’es Charlotte, espèce de coincée ! » — oui, ça pouvait aussi provoquer des rixes... Bon bah moi, c’est Carrie et ses chaussures, bien que je ne pense pas avoir son côté cul-cul la praloche (et encore, des fois ça vient on ne s’en rend pas compte...) Mais comme on a souvent rapproché mes chroniques new yorkaises à celles d’une Bradshaw (ce n’est pas moi qui le dis, je vous le jure !), j’acquiesce et je m’incarne en Mme Big le temps d’un songe...
Mais revenons à nos moutons noirs.
Le documentaire se penchait au préalable sur le cas des femmes, sans omettre d’interroger les hommes, en réponse à cette tyrannie qu’exerce désormais la femelle sur le male (car à ce stade du documentaire, nous sommes tous des bêtes, RRRRR !). Ah, comme les temps ont changé, il en faut des couilles pour être un homme aujourd’hui !
Prudence, pas de généralités abusives. Aussi réel qu’il reste des ignards totalement indifférents à la complexité féminine, et des froussardes frigides incapables de succomber au « laisse-toi aller », de plus en plus rares soient-ils apparemment. Alléluïa ! Il paraît même qu’ à force de trop vouloir contenter sa belette, l’homme s’oublierait… (ça j’ai quand même du mal à le croire ; à moins qu’il ne s’agisse de performance, là je serais plus facile à persuader.)
La femme s’affirme, l’homme se fait peluche, dans un inversement des valeurs parfois cataclytique ; conséquence d’une incompréhension mutuelle : «Pas de calin, ni de prémiminaires, attaquons directement » (détrompez-vous, c’est la fille qui parle..) Hé oui Mesdames, ne soyez pas trop brusques, ça peut ramollir nos hommes ! (Loin de moi la prétention d’être une donneuse de leçons, j’ai tout autant appris à travers ce docu.)
D’ailleurs ce qui m’aura le plus étonnée, c’est ce franc-parler avec lequel se livraient les protagonistes, hommes-femmes confondus. Cette petite étincelle coquine dans l’œil de nos apprentis comédiens qui, à l’abord du sujet, se dévoilaient avec malice, oubliant peu à peu la caméra, pour finir par se mettre à nu (au sens figuré, j'entends). Et Josette (nous l’appellerons comme ça, je ne sais plus son nom) — cette septuagénaire discrète et réservée qui avait accepté de jouer le jeu à l’abri des regards courroucés de sa bourgade campagnarde — si touchante, avec ses yeux clairs embués de larmes, au souvenir de son premier orgasme à 46 ans ! (Vive la révolution sexuelle...) Et que dire de ces anciens hyppies reconvertis en Experts du point G qui ont mis à disposition publique des ateliers « nature et découverte » pour âmes en peine de se trifouiller l’anatomie ?? Hé bien que ça n’est pas donné à tout le monde ! (ça m’a quand même bien fait rire…)
En points concluants de cette étude (très sérieuse, attention !), c’est que la femme OSE, elle ne se cache plus derrière des ânonnations et fantasmes inassumables. Danger : Passer de la femme-objet à l’homme-objet (on a bien vu les conséquences néfastes de cette passation de pouvoir expérimentale à NY).
Quant à l’homme, il refuse désormais qu’on le prenne pour une machine bestiale, il réclame en dommages et interêts - contre ce préjudice vieux comme Hérode - une prise en considération, de l’attention et de la douceur…
Rien ne va plus !






