13 septembre 2007
Le blues de l'historian woman
Vive la rentrée !
Vive la transition vacances coup de poing dans la face !
Ces derniers jours, j'ai eu envie de vous dire des tas de choses mais une force perverse ineffable me tirait vers le bas. La morosité, le pessimisme m'envahissait, ce qui n'est pas dans mes habitudes. Mais peut-être en avais-je besoin pour me recentrer sur le tournant que devait prendre ma vie.
C'est facile de suivre ses études à la lettre, de prendre rencart avec les CDI de la fac, de s'emballer pour des stages qui vous font entrevoir la grande vie par la petite porte mais quand arrive LE moment de faire sa place dans le monde du travail, conseils et projections ne valent plus un copec.
Quand on est au début de sa carrière, que l'on veut faire un métier que l'on sait "bouché", que le mot précarité revient sans cesse sur les lèvres de ces passionné(e)s qui y ont voué leur vie, mieux vaut être averti du chemin que l'on prend.
Ah ! la mode est un mileu cruel ; mais comment s'en passer quand on y a goûté ?
Que je m'estime heureuse, je n'ai pas plongé dans le stylisme (un tel panier de crabes !) mais que penser de ce petit cercle d’initiés des historiens de mode ?
Quand les budgets se font si serrés qu'ils ont le chic de déprécier "ces gens qui aiment la poussière" et font avorter les projets éditoriaux. Quand les travaux de recherches (primordiaux pour autant, même si aujourd’hui, même dans les catalogues d’expo, le texte se fait fantôme au profit du grand format photos, rrrrrrr je maudis la tendance image pro-Vogue ! Je pense notamment aux derniers catalogues d'exposition Balenciaga et Poiret) sont rarement rémunérés : "Vous n'y pensez pas ! Payer un rat de bibliothèque, pour quoi faire ? Ils aiment ça, oui ou non ? "
Mieux vaut donc être rentière ou fille à papa pour s’adonner à ce sacerdoce (là c'est mon côté cynique qui revient à la charge); à moins que l'on soit capable de se diversifier (là c'est mon côté "quand on veut, on peut").
J'opte pour la seconde solution.
Archiviste, journaliste, historienne, prof, mannequineuse, habilleuse, commerciale (vraiment quand je n'ai pas le choix) ; avoir plus d'un tour dans son sac en attendant de viser juste. Ca semble simple dit comme ça, pourtant la « diversification » peut parfois vous faire perdre le fil...
C'est ce qui s'est passé cette semaine, lors des salons de Prêt-à-Porter.
Pour un temps, j'ai revêtu le costume du VRP pour une nouvelle marque de sacs conceptuels : 2MIX (une amie s’est lancée avec courage dans cette aventure à risques, chapô !)
Allez un peu de pub (je vous fais la lecture de la plaquette) :
« HARNESS BAG » est un concept de sac de shopping et de voyage nouveau et ludique.
Ancienne assistante d’Azzedine Alaïa et de Karl Lagerfeld chez Chloé et Chanel pendant de nombreuses années, Isabelle Bourne a accompagné la renaissance de Balenciaga dans la dernière décennie.
« La partie la plus noble d’un sac est celle qui vous tend la main. »
Sourcière de la mode, la créatrice a mis au point un astucieux harnais à double porté « épaule et main » qui constitue la charpente du sac.
Il peut être choisi en cuir ou en tissé et agrémenté de pastilles optiques.
Ces « sangles porteuses » enveloppent les contenants en se pressionnant et en s’adpatant à un large éventail : De poches et de valises amusantes de tous styles (du cabas au polochon), de tous calibres (du sac à main quotidien à la valise XXL) de toutes matières (du coton mat en passant par les nylons sages ou ludiques, jusqu’aux cuirs précieux : Pythons, Anaconda, Saumon…) Et de toutes les couleurs : de l’écru sage au « glitter fatal ».
Parce que « le sac est l’affaire de toutes et de tous », elle laisse à chacun le soin de créer sa mode, en combinant à sa fantaisie les poches et les harnais.

Suite à venir ; pour vous raconter ma vie, je vais chez le coiffeur et je reviens ! (après une petite dépression, rien de tel que de changer de tête pour prendre un nouveau départ…)
17 juillet 2007
Dur, dur d'être tebé...
Prenez vos cahiers.
Exo 2, p° 23 :
Enoncé :
La télévision, c’est pour les cons.
Or, la télévision serait le miroir de notre société.
Et comme (a+b)’= a’+2ab+b’
Conclusion 1: C’est nous les cons.
Or, ce miroir serait aveugle sur certains côtés et engloberait volontairement une partie de la population récalcitrante.
Alors, selon le théorème de Pythagore, le carré de l’hypothénuse est égal à la somme des carrés des deux autres côtés.
Conclusion 2 : On n'est pas tous cons.
Problème : Comment faire pour que la minorité des moins cons fasse entendre à la majorité des plus cons que ce n’est pas en nourrissant ses brebis d’herbes pourries qu’elle fera du bon Chavroux ?
Vaste programme. Vous avez 2 heures pour plancher et pour pondre un plan de rescousse à TF1.
Copie N° 5 : Elève anonyme nommé Brian (futur pro-Bush)
1ere mesure : Appliquer le modèle américain. Des séries sur toutes les chaînes à n’importe quelle heure. De la pub toutes les 8 mn pour petite vessie. Des infos fantômes et autharciques.
2eme mesure : Expérimenter l’anarchie télévisuelle. Programme à la carte. A chacun de proposer son contenu.
Mesure finale : Foutre le feu aux studios TF1.
Copie N° 18 : Elève anonyme nommé Nicolas (futur ministre, et plus si affinités…)
1ere mesure (d’urgence): Supprimer Secret Story (une pétition est lancée). Commencer par fusiller Laly, rebelle martyre irrécupérable. Elever le niveau d’orthographe qui doit être encore plus pittoyable que le niveau oral, éradiquer les grossièretés. Arrêter de jouer avec la nourriture (Fort Boyard avec des provisions à la place des boyards, une honte pour le père Fourras !). Donner aux pauvres habitants un but dans la vie. Leur passer des reportages Arte. Dégommer Castaldi (et par la même occasion Nikos, grosse faveur ).
Deuxième mesure : Déprivatiser TF1, rendre à la France ce qui était de son domaine public (retour à la dictature Gaulliste, plein pouvoir au Président !).
Mesure finale: Créer un ministre de la télévision pour éviter les «Bigdil», « Maillon Faible » et autres boferies en tous genres.
Copie N° 25 : Elève anonyme nommé Ronan (futur rugbyman pro)
1ere mesure : Remplacer le JT par Stade 1 et Téléfoot (ou au moins à heure de grande écoute)
2eme mesure : Faire des vidéos vestiaires des sportifs et sportives (Exemple de titre : « Les yeux dans les douches »)
Mesure finale : Créer une Equipe télévisuelle.
Copie N° 30 : Elève anonyme nommée Sandra (future féministe)
1ere mesure : Ne mettre que des femmes (Claire chazal, Daphné Roulié..)
2eme mesure : Ne parler que des femmes (sujet exemplaire, tiré du Documentaire du 16 juillet sur Arte : « Orgasmus - was ist das »), ne donner la parole qu’aux femmes.
Mesure finale : Ségolène directrice de la Star Academy.
Après délibération du jury....
La copie N°18 a été élue à 54°/° des voix.
15 juillet 2007
Après l'action, la dépression
Je m’ennuie.
C’est un fait indiscutable.
Selon les spécialistes, j’aurais tous les symptômes de la dépression post NYCity :
- Plus goût à rien
- En manque d’adrénaline
- En manque d’inspiration sur son blog
- Trouve tout nul (et surtout les soirées)
- N’apprécie pas ses vacances
Deux mois de vacances, c’est pourtant inespéré ! Combien rêveraient d’être à ma place ?
C’est bien connu, on rêve toujours à ce que l’on a pas (pour ma part un travail à plein temps, l’esprit occupé par des préoccupations autres que : « Que vais-je manger ce midi ? Comment vais-je occuper mes vacances ? »
Des vacances, Oui, mais pas méritées, ce qui leur soutire quelque saveur : « Vous êtes condamnée à deux mois de vacances forcées », verdict sans appel pour me punir d’avoir trop profité hors vacances scolaires. Pas cool God, il faut toujours qu’il reprenne ce qu’il a donné, dans un soucis d’équité : « Tu t’éclateras 3 mois dans l’année, de février à mai, ton prochain de juin à septembre. » Que veux-tu répondre à cela, je ne peux crier à l’injustice…
Alors je prends mon mal en patience, je fais des projets sur la comète-planète, j’élabore des stratagèmes anti-ennui (qui échouent la plupart du temps), je m’invente des amants (pas encore des amis, Dieu merci !), je fais chaque matin ma gymnastique du rire et parfois du footing pour me vider l’esprit (déjà bien vide). Je me dis qu’un jour tous ces efforts paieront. A moins que je ne sois devenue trop exigente sur mes ambitions de vie… M’épanouir dans chaque domaine de la sphère privée, professionnelle et intellectuelle, c’est trop demander ça ? Non, vous ne me convaincrez pas du contraire, et puis j’ai toujours aimé placer la barre assez haute. Ce n’est qu’une mauvaise passe, je vais me refaire (je reste optimiste comme vous pouvez le constater).
Pour vous abréger mes dernières semaines, je vous rassure je ne suis pas non plus restée inactive (sinon ça ferait déjà un bon moment que je serais sous terre) : 15 jours de showroom chez Balenciaga à saper, décoiffer, accessoiriser, cintrer, boutonner, chausser, délacer des mannequins toujours plus jeunes (16 ans pour un mannequin homme, cherchez les poils à la loupe…). Ranger, déranger, habiller, déshabiller, aimer, désaimer… de quoi devenir chèvre ! Mais le produit n’étant pas du Jennifer, les gens pas des habitants de Secret Story et les buffets pas du « Made in States » l’aliénation ne m’aura pas atteinte complètement. D’autant que les défilés Haute-Couture auront entrecoupé cette routine du luxe.
Invitée par mes amies du Musée de la mode, je fus conviée au défilé H-C de Christian Lacroix : un enchantement, que dis-je un émerveillement ! L’art et l’esthétique de concert pour un talent hors pair ( je suis une fidèle de Christian Lacroix et le fait d’avoir œuvré pour sa prochaine exposition me conforte dans l’idée que c’est un génie-bosseur qui mérite tous les lauriers. Vous en connaissez beaucoup des hommes qui touchent aussi bien à la mode, au costume de théâtre, au design de TGV, à la décoration intéreure, à l’écriture ? A part Poiret, je ne vois pas – désolée, ça faisait longtemps que je ne l’avais pas cité…)
Toutes ces poupées crêpées au rateau, enrubannées de soie colorée (bien que le noir soit de mise cette saison) et de volume poids plume pour un effet des plus historiques ; effet finalisé par une Lily Cole flamboyante qu’Anna Wintour n’aura pas daigné saluer, préférant fuir pour devancer les embouteillages. Quant au « standing ovation » soutenu par la salle comble dans un élan de reconnaissance, on ne peut pas dire que les journalistes de mode se soient senties très concernées. Rabougries sur leur siège, les bras croisés, affectant une moue d’ennui, elles n’ont pas même pris la peine de lever une petite paume de main, blasées qu’elles étaient. Et dire que c’est un peu pour elles que les couturiers se donnent tant de mal…
Au moins les photographes sont-ils plus réactifs : amassés en bout de piste pour dégainer leur calibre et leur mitraillette à flash, on sait pourquoi ils sont venus. Non pas pour subir une cure d’amincissement éclair, à observer avec compassion leurs chemises détremprées, mais bien pour faire du chiffre. Si un modèle ne posait pas quelques instants en bout de podium pour satisfaire leur commanditaire, un brouhaha plaintif et collectif, annobli de sifflements, montait crescendo, admonestant la malheureuse de son non-professionalisme.
Hélas point d’images du défilé, j’avais oublié mon appareil photo, mais faites un tour sur le site de Florence Müller si vous êtes intéressés. (De même pour les photos du showroom Balenciaga, vous ne les aurez que dans 15 jours quand j’aurais retrouvé mon cable, ah la technique c’est exaspérant !)
PS : Excusez-moi pour ce délai inadmissible durant lequel je vous ai abandonné. C’était contre mon gré (je vous rappelle qu’on m’a lavée le cerveau pendant 15 jours) mais aujourd’hui ça va mieux. Je vous promets de revenir avec plein d’entrain, plein d’idées et d’envies ! (Tout ça pour que vous me laissiez à nouveau des commentaires, que ne ferait-on pas…)
09 juin 2007
La fin d'une ère
Mon contrat au musée a pris fin hier.
Douce expérience où l'esthétisme et l'humour se fondaient dans les photographies d'un petit génie érudit, épaulé par son accolyte décorateur (sans doute le même qui s'occupera de la scénographie de l'expo). Et si les pièces iconiques de Lacroix aux pois coupés de rayures, aux broderies truffées de préciosité, aux couleurs tranchées de théâtralité m'auront subjuguée, mon plus beau souvenir reste celui de milliers de souliers entreposés dans leur tiroirs réservoirs. Tout le XXe siècle découpé en décades pour te rappeler qu'il n'y a pas de plus belles façons de réviser ses leçons et te faire oublier que Les Halles n'ont jamais inventé les grossièretés plastifiées ! Mais un danger tout de même : ne plus rien apprécier de notre prêt-à-porter...
Aussi, car tout passage vers l'au-delà se doit d'être célébré par un voyage, me voilà en route pour Barcelone. Vu qu'en ce moment je suis souvent dans l'incertitude de mon futur, je prends l'avion comme je prendrais le bus.
Remise de mon échec Rykiel, je cumule les projets afin de ne pas laisser la morosité s'installer. Car l'adage : "Plus on en fait, plus on a envie d'en faire" se vérifie au jour le jour.
Mise en contact avec Anne-laure Quilleriet, journaliste mode pour l'Express Style, je dois ainsi montrer de quoi je suis capable... Un doute pourtant, suis-je faite pour ce métier ? Je suis souvent la première à déplorer l'état de notre presse de mode, excessivement dévouée à l'image, démesurément adaptée au grand public. On fuit le cérébral, on fuit la profondeur pour préférer la superficialité et la girly attitude; mais elles nous prennent toutes pour des connes ou quoi ces rédactrices !! Certes, l'image est essentielle pour rythmer le texte mais s'il n'y a plus que 4 lignes à se mettre sous la dent, on oublie qu'il y encore un lectorat qui aime à acheter un magazine pour apprendre des choses et pas seulement des potins people ! Hors de question, je ne veux pas être formatée ! Et je veux y croire encore, la mode intelligente n'est pas morte, je la défendrai jusqu'à ce que mort s'ensuive ! Voilà, c'était mon coup de gueule du jour...
En attendant de révolutionner le monde de la mode, je reste à la portée de la réalité, je décrypte mon futur.
A la bonne heure, l'été me donne bonne conscience pour prendre des vacances, mais je ne peux les apprécier que si je sais ma rentrée bien occupée.
Juillet : Bookée sur le showroom Balenciaga.
Août : Normandie, Provence, Italie
Septembre-Novembre : Montage de l'exposition Lacroix.
Décembre : ??????????????????????
Alors mon esprit se plaît à démasquer ces points d'interrogation.
1ere solution : Repartir aux States mais pas à n'importe quel prix, c'est-à-dire pas au prix de 3 mois de restauration, mais dans le musée de la mode qui m'ouvrira ses portes (au FIT de New York, au LACMA de Los Angeles ou au Museum of International Folk Art du Nouveau Mexique).
2eme solution: Donner des cours d'histoire du costume.
3eme solution : Croire en son destin.....






