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21 février 2009

"Hair du temps"

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Une brève annonce pour vous convier à ma conférence sur "Le cheveu sous toutes les coutures" (suite à l'exposition "Hair du temps" à laquelle j'ai pu participer dans le catalogue d'exposition), qui aura lieu le jeudi 5 mars aux Archives départementales d'Aix en Provence, à 18h30.

" Depuis toujours, la chevelure féminine hante, fascine et taraude l’imaginaire masculin. Ornement des déesses, c’est elle qu’on dissimule farouchement. Quand il s’agit d’humilier les femmes, c'est à elle que l'on porte atteinte en priorité. En rendant compte des conclusions les plus récentes de la recherche en esthétique et en histoire contemporaine, les conférences proposées par les Archives départementales soulignent tous les enjeux et toutes les ambiguités qui s'y dissimulent ou que l'on y cache.
Jean-Noel GUERINI
Président du Conseil général

En lien avec l'exposition Hair du temps, présentée du 17 janvier au 29 mars 2009 à la Galerie d'art du Conseil général, les Archives départementales programment deux rencontres :

Jeudi 5 mars, 18 h 30
A partir de l'exposition Hair du temps
Conférence de Marlène Van de Casteele

Marlène Van de Casteele axera sa réflexion sur le caractère mystique de la chevelure, en tant que parure sacrée. Elle évoquera au fil des siècles l'évolution stylistique des coiffures, à la fois accessoires de mode et miroirs de la condition féminine. Elle montrera que certaines images de vêtements et certains trompe-l'oeil peuvent détourner le cheveu, pour mieux s'en amuser et dénoncer les failles de nos sociétés.

Marlène Van de Casteele a travaillé avec Olivier Saillard à la mise en place de l'exposition Christian Lacroix, Histoires de mode proposée en 2007 au Muśee de la Mode et des Arts Décoratifs (Paris, UCAD). Elle rédige actuellement quelques unes des notices du Dictionnaire des créatrices qui sera publié par les Editions des Femmes. Pour le catalogue de l'exposition Hair du temps (éditions Silvana), elle a rédigé l'article "La coiffure : accessoire des modes".

Seconde rencontre :
Jeudi 26 mars, 18 h 30
A propos des femmes tondues de la Libération.
Présentation par Fabrice Virgili du film de Jean-Paul Carlon Tondues en 44, suivie par la projection du documentaire (52), Productions du Lagon, La Ciotat).

Fabrice Virgili, chargé de recherches au CNRS, est membre du laboratoire IRICE (Identités, relations internationales et civilisations de l'Europe) à l’université "Paris 1 Panthéon Sorbonne. Ses recherches concernent l'effet des guerres mondiales sur les relations entre hommes et femmes.
Il a notamment publié "La France "virile". "Des femmes tondues à a Libération" (Paris: Payot, 2000) et co-dirigé avec L. Capdevila,  F. Rouquet et D. Voldman, deux ouvrages parus respectivement en 2003 (Hommes et femmes dans la France en guerre, 1914-1945, Payot) et en 2007 (Amours, guerres et sexualité, Gallimard). Il vient de publier chez Payot "Naitre ennemi" : les enfants des couples franco-allemands nés pendant la seconde guerre mondiale. Il a été le conseiller historique de Jean-Pierre Carlon pour son film "Tondues en 44".

Exposition Hair du temps :

Site : www.cg13.fr (pour télécharger le dossier de presse de l'exposition)

"Pour ouvrir la saison 2009, la Galerie d’art du Conseil général a invité un passionné et fin connaisseur de l’univers de la mode et des créateurs, créateur lui-même, commissaire d’expo, historien de la mode, conseiller artistique, chargé de mission au Musée de la Mode et du Textile...

Olivier Saillard a imaginé et conçu une exposition qui revisite la place du cheveu dans l’univers de la mode, de la féminité, de l’art :

« Asymétriques, longs ou courts, bouclés ou défrisés, les cheveux d’une femme, autant que sa garde-robe sont le papier carbone d’une époque.

Ils servent l’incarnation d’une féminité suprême jamais passée de mode ou au contraire sont le symbole d’une suppression violente des droits à la féminité quand ils ne sont pas une revendication de garçonnes proclamées ».

A travers des pièces de couturiers (Jean-Paul Gaultier, Christian Lacroix, Martin Margiela, notamment mais aussi Givenchy, Schiaparelli), à travers les créations originales de coiffeurs de podium comme Odile Gilbert, de photographies de Katarina Jebb, par exemple et de vidéos des années 60, l’exposition Hair du temps interroge sur la place décorative et inquiétante du cheveu dans la mode et dans l’art contemporain." "

INFORMATIONS PRATIQUES :

Exposition du 17 janvier au 29 mars 2009
Commissariat d’exposition : Olivier Saillard assisté de Géraldine Sommier

Catalogue : Silvana editoriale
Textes : Olivier Saillard, Géraldine Sommier, Marlène Van de Casteele

Galerie d’art du Conseil général des Bouches-du-Rhône
Hôtel de Castillon
21 bis cours Mirabeau
13100 Aix-en-Provence
Tél:04 42 93 03 67 - Fax :04 42 27 54 23

Entrée libre
Ouvert tous les jours sauf le lundi,de 9h30 à 13h00 et de 14h00 à 18h00
Visite commentée gratuite sur rendez-vous dans la limite des places disponibles.

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03 février 2008

Conférence Raymond Massaro

Après avoir passé la matinée aux journées portes-ouvertes de l’école Boulle (je vous le recommande, surtout pour la section ébénisterie-marquetterie qui fait d’ailleurs sa réputation — inutile de vous rappeler le rôle d’André Charles Boulle, l’ébéniste français ayant accompagné le rayonnement du règne de Louis XIV.  Déambuler parmi les restaurations, reconstitutions ou ré-interprétations de chefs d’œuvres du mobilier, fouler la sciure de bois épars dans les ateliers, remonter le temps à observer les blouses d’apprentis et savoirs-faire se transmettre de corporations en corporations, comme si les nouvelles technologies n’avaient jamais réellement menacé la quiétude de tels lieux chargés de tradition séculaire, est aussi émouvant que de mirer les souffleurs de verre ou les potiers à l’oeuvre. Il y a de ces métiers qui prennent des rides et des rides mais n’ont pas besoin de botox pour conserver leur éternelle beauté.)

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Après avoir enfourché ma machine à remonter le temps, je ne pouvais plus l’arrêter. Une Conférence Raymond Massaro plus tard et la tonalité de ma journée était donnée : « Histoire et tradition, ou la grande famille de l’artisanat"

16h, métro Pont de Neuilly, sur les lieux du centre culturel de Neuilly-sur-Seine, l’Hôtel Arthuro Lopez Willshaw (12, rue du Centre).

Croqué en 1903 par l’architecte et décorateur Paul Rodocanachi puis construit par Danneron, cet hôtel particulier fut acquis en 1928 par Arturo Lopez (1900-1962), attaché à l’Ambassade du Chili. Mécène et collectionneur d’art, le farfelu hédoniste transforma ces lieux en « une petite folie anachronique, inspirée du XVIIIe siècle » (propos repris de Catherine Ormen, la commissaire de l’exposition « Mille et un accessoires », délicieusement entreposée au cœur de cet écrin singulier qui fut le prétexte à d’incroyables festivités. «Contres-soirées» des bals Beistegui ; se retrouvaient, dans les années 50, les Rothschild, les Noailles, les Windsor, l’Aga Khan… En fermant les yeux, au beau milieu de la copie miniature de la galerie des glaces ou de la chambre de Monsieur, on peut d’ores et déjà s’imprégner de cette ambiance orgiaque et ubuesque qui devait y régner.

samedi prochain, se tiendra une autre conférence sur l'accessoire orchestrée par Florence Ferrarri, diplômée d'ESMOD, même heure, même endroit).

Revenons à notre protagoniste, Monsieur Massaro:

                              

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Monsieur Massaro ! Un livre ouvert, une épopée, le petit dernier de la dynastie. Si émouvant dans sa façon de s’émerveiller de sa passion après 6O années de savoir-faire, si sincère dans sa façon de transcrire son quotidien qui en fait pourtant rêver plus d’un. Plein d’esprit et de malice : « Les femmes c’est comme les chaussures, quand on les quitte, il faut mettre les formes » a-t-il choisi pour débuter sa tirade, reprenant ici une citation de son père.

Vous avez sans doute visionné le DVD réalisé par Loïc Prigent sur les coulisses d’une collection haute-Couture dans la Maison Chanel dans lequel on voit le petit maréchal faire des footings entre son atelier et la Mecque de l’élégance. Aussi je ne vous propose pas un énième éloge du «meilleur ouvrier de France» - fraîchement sacré il y a 4 jours – mais la retranscription la plus fidèle de ses paroles et anecdotes. Parce qu’une dizaine de personnes trop peu tassée devant un rétro-projecteur, c’est rageant. Alors venez nombreux la semaine prochaine ! (J'ai moi-même raté les 2 précédentes, par Catherine Ormen et Marcelle Lubrano-Guillet, directrice de la maison Guillet, Grrrr )

Le 15 Octobre 1894, date historique, grand-père Massaro fonde l’entreprise, au 2 rue de la Paix. Bottiers de père en fils. Une dynastie qui n’a pas fini de faire parler d’elle.
Papy Massaro fera de ses 4 fils des bottiers, et de ses 6 filles des piqueuses (au moins pas de problèmes de descendance). Et aucune dérogations. Papa Massaro sera spécialisé dans la chaussure du soir pour femmes. Massaro Junior aussi, même s’il n’y voyait pas là une vocation (il voulait être professeur d’histoire et de français).

Né en 1929, l’année du Krach boursier, Raymond entre à l’Ecole des métiers de la chaussure (aujourd’hui rue Turbigo, ancêtre du lycée d’Alembert) en 1944. Il en ressort 3 années plus tard, un « CAP d’ouvrier Femme, talon, bois » dans son cartable. Dernière tentative de rébellion, il essaie de rentrer dans une maison de bottier concurrente, mais tous se sont donnés le mot. Forcé de se rendre à l’évidence, il travaillera pour la lignée. Quelle tragédie s’il avait pousser son émancipation jusqu'au bout, vous imaginez, Chanel sans son Massaro !! C’est comme Poiret sans son Pérugia… Non, c'est inenvisageable...

                                 

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Posté par Poirette à 08:22 - Conférences - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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