04 avril 2008
Petit précis d'histoire de mode 4
Hey ! Poirette is back !!!
(Enfin, pas d’emballement, de Olé Ola, de cris, de pleurs - restons humbles et dignes - ma panne technique est loin d’être résolue. Je squatte la connexion d’une amie, et c’est déjà pas mal, je m’estime heureuse... (Après un drame de cette ampleur, je peux vous dire que l’on redécouvre les plaisirs simples...)
Allez, pour se remettre en jambes, je vous propose aujourd’hui un petit cours d’histoire du costume. François Boucher, Page 154, ouvrez vos cahiers !

Décidément, je n’en démords pas, les films historiques ont la côte en ce moment.. Vous vous souvenez certainement d’Elizabeth the First (dont je vous avais parlé), voici arrivé le père, Henry VIII = la terreur de ces dames.
Il ne manquait plus qu’ils nous fassent des Sagas Ciné eux aussi !
Hé bien Paf, tenez, je vous le donne en mille, nos émissaires britanniques ont sauté le pas. Enfin un petit pas timide car non-dit : «Deux sœurs et un Roi».
Oui, vous voyez bien, pas de I ou II ou « Le retour » - ils n’ont pas voulu faire dans le lourd, encore que le titre, tout comme le film, ne font pas dans la finesse. C’est sûr, ce film ne mérite peut-être pas qu’on lui fasse de la pub, mais vous savez que tel n’est pas mon propos, d’encenser ou de démonter le film, Non Non rien n’a changé — je suis toujours la même après ce Drame de déconnexion – mon Dada moi c’est le costume..
Et Dieu sait qu’il y a moult points capitaux à aborder...
Mais un petit teasing d’abord, vraiment très bref (ça vous coupera sûrement l’envie d’aller le voir mais bon, j’ai ratifié un pact de transparence à l’ouverture de ce blog…)
Il était une fois un Roi hyper sexy dans le film (Eric Bana) — alors que bof bof sur ses portraits officiels, mais ce ne sont plus les mêmes canons de sexy-attitude me direz-vous; tenez le voilà le gaillard, bien sur ses jambes...

Henry VIII de Tudors (roi d’Angleterre (1509-1547) et d’Irlande (1541-1547)) en a un peu marre d’attendre que sa première femme, Catherine d'Aragon, devenue un peu vieille et ménopausée, se décide à lui donner un héritier mâle — surtout qu’elle est ménopausée, alors il peut toujours attendre…
(Catherine d'Aragon)
Alors il se trame autour de ce roi très courtisé des choses vraiment pas très catholiques, du genre : un clan familial très intéressé par l'aubaine décide de donner ses bombasses de filles (Anna, l’aînée = Nathalie Portman et Mary, la cadette =Scarlett Johannson) en pâture..

Le roi en manque, n’en peut plus, il se jette sur la cadette, l’engrosse puis succombe à l’aînée et renie la cadette sous la pression de l’aînée qui ne veut se donner. Alors là, le roi chaud bouillant n’en peut vraiment plus (c’est là que l’on voit que le Roi n’est qu’un homme et que l’homme est vraiment trop faible, quand il ne pense qu’avec sa … bip ! Ahh les hommes, l’histoire politique n’est donc qu’une histoire de sexe ? Permettez-moi de m'interroger avec ce film…)
(Anne Boleyn; belle à la vie comme à l'écran tandis que la réalité historique la rattrape disant qu'elle aurait une verrue dans
le cou, un sein plus gros que l’autre et un sixième doigt à la main
gauche...)
Il se laisse donc manipuler par Anne, l’aînée très maligne, puis en profite pour se brouiller avec l’Eglise catholique, provoquant le Schisme avec Rome quand le Pape lui refuse l’annulation de son mariage avec la vieille Reine Catherine d’Aragon (Non Non ce n’est pas tant de la fiction, les sources corroborent ce conte merveilleux ! Enfin tout de même ne vous attendez pas à tous ces « détails » politiques dans le film, le réalisateur n’en a eu cure, se concentrant sur la tragédie du cœur, c’est plus vendeur).
Notre Roi n’en fait finalement qu’à sa tête (ou pense trop à sa.. Bip !) en reniant sa reine pour les beaux yeux de sa future nouvelle épouse, qu’il violera au passage, de l’avoir vraiment fait tourner en bourrique — comment ruiner une réputation, désolée Henry je te fais passer pour un gros salaud mais quand même tu l’as bien cherché ; une fois de plus les sources corroborent mes A priori..
Tu as tout de même eu 6 femmes, tu en as répudié 3 et fait exécuter 2. Chapeau bas ! Hé oui ces sources disent aussi que ton « règne centralisateur contribua à l’affermissement du pouvoir royal », bel euphémisme: manipulations politiques, cruautés machiavelliques, têtes tranchées (et cette fois, le film ne se cache pas de le montrer, le sang c’est vendeur aussi) alors je ne vous raconte pas tout, vous irez le voir si jamais vous êtes friands de grosses hâches et de têtes qui roulent..
Ah si ! Une précision tout de même qui a son importance : Avant de trancher la tête de sa seconde épouse, Anne Boleyn, le méchant Roi (mais vraiment hyper sexy dans le film, alors on lui pardonne..) n’avait pas oublié de l’engrosser elle aussi... Allez hop les deux soeurettes mères porteuses de la royauté ! Sauf, que l’officielle lui donne une fille, et que la non-officielle lui a donné un fils, mais qu’il a renié, pour pouvoir se taper sa soeur. Un bien mauvais calcul…
Bref, vous voyez le tableau, c’est pas du joli, joli tout ça. Je vous le dis, il ne fallait mieux pas être dans les petits draps du Roi… Mais la morale est sauve, puisque la seule héritère qui a failli mourir de ne pas être un héritier, sera la grande Elizabeth the First.. Ouf, tout est bien qui finit presque bien. Une vraie Saga je vous disais.
Donc si un jour vous voulez vous faire une soirée « costumée 1500-1600 », vous aurez toujours ces chefs d’œuvres de l’histoire de cinéma, pour vous inspirer..
Avec Elizabeth I, nous en étions restés aux fraises et costumes collet montés très austères, dus à l’hégémonie espagnole qui sévit sur tout l’Occident. Avec Henry VIII, les robes sont un peu plus affriolantes et les tissus non moins somptueux. Le film est bidon, mais je dois reconnaître encore une fois que mes petits yeux en ont pris plein la tête..
Revenons sur ces préoccupations costumières et revenons aussi à un langage moins chartier, oh la la je vais me faire lyncher par les historiens !
Allez un petit peu de François Boucher (la bible de référence en matière d’histoire du costume), pour plus de sériosité :
« Au début du XVIe siècle, continue de s’affirmer un renouveau artistique et littéraire. L’art achève en effet sa lente transformation, qui aboutit à l’idéalisation du corps humain ; pour ajouter à celui-ci la puissance et la dignité dont rêve l’homme de la Renaissance. Le costume se préoccupe des combinaisons de lignes, de couleurs, de volumes, qui en feront l’élégance et l’harmonie.
Cet orgueil de la beauté physique, ce raffinement de plaire, magnifiés par le costume, le XVIe siècle leur a donné le soutien de matériaux luxueux, étoffes riches et lourdes, broderies épaisses, bijoux somptueux, dentelles aériennes. Nulle époque, même le Grand Siècle, n’aura jeté sur l’homme décor plus précieux pour atteindre la perfection de la beauté humaine. »
Ah, ça en jette tout de même plus !!
Plantons le décor, nous sommes en Angleterre. C’est, dès le commencement du XVIe s qu’en Angleterre, comme dans toute l’Europe occidentale se dessine l’évolution du costume médiéval vers le costume moderne.
Sous les deux premiers Tudors (Henry VI, Henry VII) subsistaient des formes du Moyen-Age, assez simples mais déjà pénétrées de certaines caractéristiques étrangères : pour les femmes, la coiffure à ligne surbaissée, la robe à taille basse et décolleté carré, les manches longues et étroites.
Pour les hommes, le pourpoint très court - justaucorps descendant sous la ceinture - la chemise dégageant le cou, les culottes étroites et souvent de deux couleurs, puis bouffantes et à crevés. Tout cela marqué par des influences germaniques, françaises ou italiennes.
Sous Henry VIII, la transformation se précise. Au début de son règne, la prospérité et la paix introduisent un luxe égal à celui de la cour de son rival François Ier. Dans l’étalage de magnificence, ils ont recours l’un et l’autre à la splendeur des tissus italiens. Et si la forme diffère encore peu de celle de la période précédente , les détails nouveaux abondent : séparations des chausses en bas de chausses collants et en hauts de chausse dits boulevarts avec braguette apparente = très saillant ; plumes d’autruches couchées sur des bonnets à bords rebrassés et découpés dits cramignolles= extra pour la crédibilité. À côté de certaines extravagances de houppelandes fourrées de toutes longueurs à manches bouffantes et détachables, de souliers larges en pieds d’ours avec crevés, de coiffures à l’écuelle - en forme d'assiette creuse et large comme son nom l'indique - ; en marge de la somptuosité des plastrons brodés et des longs pourpoints à crevés et à basques longues, apparaissent des indices nouveaux.
(Un petit aperçu de ces pattes d'ours, car c'est quand même quelque chose... Pour l'anecdote, leur forme à bouts "patte de canard" ou "gueule de boeuf" viendrait de Charles VIII qui aurait été muni de 6 orteilles...)
(XVe siècle, V&A Museum, Londres)
Pour la femme, la réduction de la coiffe féminine (coiffures à cornes) annonce le petit bonnet. Les robes coupées à la taille sont soutenues par des vertugadins, la robe de dessus étant ouverte devant sur une jupe de dessous de couleur différente; les deux robes superposées moulant le corps. Le large décolleté carré découvre une chemise ou une gorgerette de lingerie avec des parements de couleur que l’on retrouve au bas des manches larges, qui peuvent avoir des revers de fourrure de plus en plus volumineux.
Le chaperon de velours (que vous voyez bien sur ce portrait de Jane Seymour, la troisième femme d’Henry VIII) ou de lingerie, bordé d’une bande orfévrée, est posé sur un touret (dévidoir originellement à l'usage des cordiers). La ligne générale est encore assez souple (enfin, c'est relatif..). Comme les hommes, elles portent de vastes houppelandes avec ou sans ceintures, à grandes manches pendantes ouvertes ou closes.
Les couleurs sont plus sobres, les bouffants et crevés diminuent, les femmes adoptent alors un large col ouvert et rigide, comme nous l’avons vu dans l’épisode Elizabethain, une mode se laissant bientôt pénétrer par les modes espagnoles... Cours que je vous invite à relire si jamais vous avez des pertes de mémoire...
Ah ah comme je me la joue petite prof pédante !!
"Bientôt l'interro, ça va vous tomber sur le bout du nez", hé hé !!!!!
J'espère que ce cours n'aura pas été trop confus... "Vous avez des questions ?", ah ah hi hi j'adôôre !!!
Commentaires
nan...pas de question...
Le cours est intéressant...mais je préfère le chapitre Poiret !
Ahh ce n'est pas moi qui te contredirait Marie.. Poiret is the King !!
Je passais pour te dire que j'avais trouvé ton article sur les cravates dans "magazine" très intéressant, je me suis demandé si ce n'était pas une dédicace pour mon blog, rires. Au plaisir de te revoir sur blacktie. @ +++
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