20 février 2008
Le retour de Denise Poiret (épisode 3)
Non, non, je ne vais pas vous bassiner toute l'année avec Poiret, mais je me suis engagée (à la vie, à la mort) à finir la Saga, je ne peux défaillir à cette promesse... (puis, retour au présent, car il y a une vie après Poiret, j'en suis consciente.)

Aujourd'hui donc, j'avais envie de vous parler de Denise (je ne vais pas vous réécrire mon mémoire, rassurez-vous) mais simplement souligner — par des preuves irréfutables ! — son avant-gardisme et sa modernité.
(Poiret, Y. Deslandres)
C'est cette robe, présente dans la vente, qui m'a poussée à la confidence :

Bon, vue sous cet angle (Drouot= moquette pourrie+photo= mauvaise qualité car piètre photographe) c'est sûr, ce n'est pas très parlant.
Peut-être préférez-vous la voir à plat ?

ou portée ?
Oui, c'est toujours mieux porté... Vous remarquerez d'ailleurs que cette robe mise en vente la semaine dernière n'est pas la même que celle sur la photo, beaucoup plus échancrée, pour ne pas dire outrageusement décolletée... (j'aime jouer à Sherlock Holmes)
Hum hum, quelle sensualité !
Une autre photo, très posée... (Paul Poiret tenant l'objectif)

Avec en toile de fond, ce tableau de l'artiste Kees Van Dongen — peintre néerlandais installé à Paris en 1897, Fauviste, rattrapé au vol par la poigne de Poiret qui le crucifie au-dessus de son lit — et qui porte si bien son nom... Quiétude.
Ahhh ce tableau est magnifique et cette chambre... On pourrait écrire un roman dessus, tant de détails, tant d'objets d'art, tant d'indices qui nous mettent sur la piste...

Moi je me dis qu'ils ont dû bien s'éclater au lit !
Liberté, liberté, liberté !!!
Car remettons-nous dans le contexte :
1910, avant la première guerre mondiale, à l'époque où Cocottes corsetées et femmes de boudoir se pavanent à Longchamp le derrière en cul de poule (mode des cul-de-Paris) et le buste arnaché dans des sangles lacérées (je n'ose imaginer cette torture des corsets, impossible de bouger, de s'asseoir, de tousser; comment les femmes ont-elles pu s'imposer pareil souffrances ? Et vous messieurs, aussi Sado Maso pour aimer cette mode ??)
Une liberté donc qui n'est pas pour plaire, dans une société rigidifiée de conventions.
Et Paul de n'en faire qu'en sa tête, et de bannir ces objets de torture pour encenser la féminité (car il aime les femmes, oh oui il les aime ! Je crois qu'il est encore à ce jour impossible de déchiffrer le nombre de maîtresses qu'il a rendu accroc...)
Et Denise, de respirer le grand air dans son jardin du Pavillon d'Antin, les pieds dans l'herbe, la poitrine libérée sous des tissus légers; tout cela avec une ineffable spontanéïté, comme si jamais au grand jamais, il n'y eut de luttes acharnées pour atteindre à cette liberté bafouée (les suffragettes de l'époque ont dû être stupéfaites de tant d'effronterie, elles qui se battaient contre les lois, mais pas encore contre le carcan vestimentaire imposé par les hommes aux femmes de leur rang.)
(Denise dans sa robe Delphinium, qu'elle nomme "robe Bonheur")
(la fameuse... Exposition chez M. Alaïa,2005)
Et de se déguiser, bonne joueuse — lors des festoyades qu'organisaient chaque année son mari-couturier, amateur de rigolades — toujours avec cet esprit libertin...
Moderne donc par son esprit.
Mais aussi moderne par son physique intemporel (je la verrais très bien aujourd'hui arpenter les catwalks avec un perfecto et des bottes tarabiscotées par Pierre Hardy pour Nicolas Ghesquière; d'ailleurs elle était bien la première à porter de façon révolutionnaire des paires de bottes en cuir colorées à talons plats, et à faire scandale à son arrivée aux Etats-Unis, à peine débarquée du paquebot qui les amenaient, elle et son mari, en tournée outre-atlantique).
C'est pourquoi ça ne m'étonne pas que ces petites paires de bottines à lacets en suédine vert, datant du milieu du XIXe (de la dernière vente), aient appartenu à Denise...
Car so Denise !
Donc, tout simplement, une femme en avance sur son temps...
(Vous comprenez maintenant pourquoi j'ai choisi ce sujet de mémoire... N'est-elle pas fascinante cette Denise ?)
Du coup, je ne sais si je dois clore la Saga... C'est selon vos attentes.
Je suis toute ouïe mes chers lecteurs, en avez-vous (jamais) assez de Poiret ?
Commentaires
Moi je veux bien que tu continues la saga! J'adore entendre parler des femmes qui ont libere nos corps, on leut doit beaucoup...
Ah, cette robe Dephinium, elle est DIVINE.
Et les bottines plates vert sapin, j'en avais une envie a la vente de Drouot!
Again
J'avais de ce monsieur la vision d'un petit homme bedonnant et moustachu (bretelles, gousset, lorgnons)en bisbille avec Gabrielle Chanel.
Rien à voir avec la liberté qu'il encence dans ses robes, tableaux et portaits.
Comme quoi, tu as bien fait d'écrire tout ça; non seulement j'ai changé d'avis mais maintenant il est plus vivant que certains des couturiers de mon époque.
Poirette : t'as réussi à rendre Poiret furieusement sexy !
C'est un régal de te lire narrer leur vie et ce que t'a inspiré la vente de Drouot!
Encore j'ai envie de dire... ;)
Ahhh comme j'aimerais continuer cette Saga... Et comme vous me faites plaisir à m'encourager en ce sens...Mais hélas, Fashion Week oblige, je me dois de vous abandonner quelques temps, plus une minute à moi, tout pour la Fashion ! (Beurk, des fois elle m'écoueure cette fashion) Vous m'en excuserez d'avance... Je ne reviendrais qu'avec plus d'envies et d'histoires à conter.
Bisettes from Poirette
Et puis pourquoi nous priver d'autant de beauté donc c'est bien de continuer. Me ferait plaisir de te revoir passer un peu sur Blacktie. @ +++
J'essaie juste d'humaniser la mode
Rebonjour Poirette,
Je me permets de te laisser un com afin de soliciter ton avis.
Apèrs 5 mois de blogging intensif, 285 romans photos et 3589 photos de street style en ligne, j'ai besoin de ressourcer mon travail. Je suis un perfectionniste et concilier qualité et plaisir est un impératif pour moi. Aussi est-ce pour cela que je me permets en toute simplicité de contacter les blogs que je ne connais pas afin de reccueillir leurs avis.
J'ai quitté la télé et la presse pour crée le blog Style and the City en octobre dans le but d' humaniser la mode en réalisant des romans photos de street style : je me balade dans Paris à la recherche de looks stylés et raconte cela en romans photos.
Le concept plait aussi bien aux français qu'aux étrangers. Et comme je ne veux maintenir cette confiance envers mes lecteurs, je demande l'avis de tous sur mon travail.
Tu serais top si tu me disais ce que tu ressents à le lecture de mon blog et ce que tu aimerais que j'améliore.
ps : exceptionnellement pour la précédente fashion week, j'ai mis les photos d'abord et suis en train de rajouter les textes et les photos supplémentaires en ce moment.
Merci pour ta complicité; j'espère ne pas t'avoir dérangée.
Au plaisir de te lire.
Kamel LAHMADI
street style romancer in Paris
Trompagerie
J'étais sûre de te lire dans "wow".
Me suis plantée.
Trompagerie
J'étais sûre de te lire dans "wow".
Me suis plantée.
Euh... j'ai pas compris Marie, c'est quoi ce "wow" ?? (excuz je me suis un peu bétifiée au sortir de cette fashion week)
un magazine en ligne créé par dix blogeuses.Bonne initiative je trouve. J'étais certaine que tu en ferai partie.
Me suis trompée.
C'est quand le retour de Paul & Denise ? !
Ah oui !!! je n'y étais pas du tout, le magazine corporate blogueuse, en ligne !!! oh la honte, tu vois même pas le temps d'y jeter un coup d'oeil, j'ai beaucoup de retard à rattraper, rrrrrrr (et de sagas à poursuivre, non non je n'oublie pas Denise et Paul mais parfois on ne fait pas toujours ce qu'on veut...)
Merci à toi de me rappeler à la virtualité quand le concret m'avait rattrapée !
bises dear Marie
Odeur de scandale
Coucou! Oui continue, elle est passionnante cette Denise! Flo Muller nous en avait parlé, et devant tant de personnalité et de style, on ne peut que s'incliner! Car il ne faut pas ouvblier que à l'époque une infiime modification vestimentaire pouvaiot constituer un scandale en soi!!
vous contacter par email
Bonjour,
Je travaille pour une société événementielle, nous aimerions vous faire parvenir une invitation mais nous aurions donc besoin de votre adresse email.
Merci de bien vouloir nous l'envoyer par email à l'adresse suivante :
buzzenginefrance@gmail.com
Merci,
à bientôt,
Laura.
Je voulais te dire que le reportage d'il y a 15 jours passé dans l'émission des racines et des ailes m'avait beaucoup plus et qu' il m'avait fait penser à ton travail. J'espère te revoir bientôt sur Blacktie. @ +++
Poirette ? Reviens-nous !
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