Voici ma dernière biographie pour Magazine : images Une biographie sur Twiggy la brindille...

1949 : Naissance à Neadsen dans la banlieue londonienne, d’un père menuisier, d’une mère ouvrière en imprimerie et caissière en supermarché.

1965 : A 16 ans, Lesley Hornby mène encore une vie paisible chez papa et maman. La semaine, elle bûche sur son bac, le samedi elle est shampouineuse pour gagner de l’argent de poche qu’elle dépense illico en petites robes hors de prix, le dimanche elle danse avec ses copines sur les tubes des Beatles. Passe un drôle de gars en Triumph Spitfire décapotable, Nigel Daves. «Que vous avez de beaux yeux, Mademoiselle». Il l’entraîne chez Léonard ; une coupe à la garçonne, un balayage et des rajouts de faux cils plus tard, son air lunaire placardé sur la vitrine du meilleur salon de coiffure londonien fait mouche. Passe la rédactrice du Daily Express pour une coupe-brushing. Le lendemain, elle fait la couv’. Lui manquait un pseudo : Twiggy,  dit « la brindille » (on comprend pourquoi :1,69m pour 41kg). Nigel, son pygmalion-agent-amant, devient Justin de Villeneuve, se réservant la particule et le pactole.

                  

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1966 : Elle rêvait d’être styliste, elle est devenue icône. Paris l’acclame, New York la convie en super-star, Tokyo lui affrète un avion charter. A une presse déchaînée, elle répond de sa verve et de son accent cockney, que personne ne comprend. On lui lance une collection éponyme, elle en ajoute une autre de sous-vêtements et met toute la ville au régime. On lui augmente son cachet de 300 à 1000 francs l’heure de pose, elle claque tout en Rolls et Jaguar, avant même de passer son permis. On lui fait pousser la chansonnette, elle ne s’émeut pas de son flop. Pas le temps de se retourner. Mary Quant et sa minijupe la prennent en égérie, The Daily Express la couronne « Face of 66 », et l’Amérique « Woman of the year », mais elle ne peut assister à la remise du prix, en raison d'une poussée d’acné.

1969 : Après quatre années d’hyperactivité, Twiggy reprend son souffle et décide de quitter la fashion car «On ne peut pas servir de cintre toute sa vie ». A 20 ans, elle est multimillionnaire (avec un salaire dépassant celui du Premier ministre) et déjà retraitée. Il faut penser à la reconversion. Ce sera la chanson et la comédie, pas très original, mais elle ne peut prétendre au job de caissière.

                     

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1972 : Sur le conseil de son ami Paul Mc Cartney, elle va toquer à la porte du très controversé metteur en scène Ken Russel. Il lui fait miroiter un premier rôle dans sa comédie musicale The Boy Friend, sous réserve qu’elle apprenne les claquettes. Elle s’acharne, remporte le rôle et deux Golden Globe Awards. Puis elle tombe amoureuse… de l’acteur américain Michael Witney. Et plaque tout pour lui: l’Angleterre, la gloire, papa-maman. « Je ne rêve que d’une chose, me marier et avoir des enfants » déclare-t-elle à la presse avant de s’envoler en lune de miel aux Etats-Unis et de disparaître des kiosques.

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1974 : A 25 ans, elle rédige son autobiographie. Tant de choses à dire, déjà, dont cet aveu qui fait rager plus d’une boulotte ; elle qui, la première, avait déclenché la polémique sur le modèle anorexique qu’elle imposait aux jeunes filles : « A 16 ans, j’étais une petite chose fluette et marrante avec des cils et des jambes immenses, je détestais mon image. Et puis, soudain, on m’a dit que j’étais superbe. J’ai cru que les gens étaient devenus fous… » Avec le temps, le succès s’estompe, les studios la boudent.

                     

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1982 : Elle renfile les claquettes pour la comédie musicale « My One and Only ». Un retour remarqué par la presse : « Twiggy a pris 10 kg !», « Twiggy a enfin des seins ! ». Et un Tony Award. Elle chante, elle danse, quand elle ne s’engueule pas avec son alcoolo de mari qui décède brutalement d’une crise cardiaque. Sa vie bascule. Elle relève la tête et remonte les planches.

1986 : L’enfant prodige revient au pays, sa fille et un disque sous le bras, Feel Emotion. Les Britanniques la bénissent et lui pardonnent une fois de plus ses errances musicales. Sans ses faux cils, et prostituée, dans Le docteur et les Assassins de Freddie Francis, elle renonce aux mièvreries. Tourne coup sur coup Club Paradise avec Peter O’Toole et Madame Sousatzka et s’éprend de l’acteur Leigh Lawson, rencontré sur le plateau du film.

                      

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1991 : S’installe à Los Angeles avec son nouveau mari, mais s’ennuie. Elle lance un SOS d’ex-mannequin en détresse sur le petit écran. La sitcom « Princesses » l’entend et lui propose un rôle mirobolant : la Princesse Georgina La Rue. Elle prend – et ne fait pas la difficile – mais elle lorgne les prompteurs… Elle se verrait bien en présentatrice télé, le « Twiggy Show » ce serait la classe. Ce sera « Twiggy’s People », sur ITV. Ses interviews convient les stars à la confidence : Dustin Hoffman, Lauren Bacall, Tom Jones… Applause.

2001 : Remet le couvert avec « Take Time With Twiggy », un talk à l’américaine des plus racoleurs. Fait une apparition dans « Absolutely Fabulous », où elle y joue son propre rôle. Enregistre son nouvel album Midnight Blue. Devient l’amie des bêtes et milite décemment contre la fourrure. Lance une ligne de vêtements, de produits cosmétiques et de parure de lit. Un acharnement thérapeutique.

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2005 : Membre du jury de l'émission America's Next Top Model aux côtés de Tyra Banks. Retourne vivre à Londres et revient à ses premiers amours, le mannequinat, pour la chaîne de magasins britannique Marks & Spencer. Pour l’occasion, elle ressort son pin’s yoga, celui que Jeanloup Sieff avait immortalisé et qui martelait le slogan du Swinging London : « Keep Cool ».

                            twiggy (la photo résultant d'une photocopie, vous me pardonnez sa qualité pas très HD !)