07 octobre 2007
Luxe, calme et volupté...

Bien sûr je pourrais vous parler de cette fashion week, de ces armadas de filles hypra lookées franchissant à pas de flamands roses (car les talons-pilon c’est bien joli mais ce n’est pas supportable pour un marathon…) le jardin des Tuileries, transformé pour l’occasion en catwalk cailllouteux.
Je pourrais vous parler de la soirée Balenciaga au Baron, du défilé Lacroix, de ces performances aux goûts douteux dans la Salle des Maréchaux attenant au musée des Arts Décoratifs auxquels j’ai assisté. Mais, sans illustrations ces propos perdraient de leur drôlerie – mon appareil photo m’ayant définitivement lâchée.
Je vous résumerai donc cette semaine en un seul mot : Elégance.
Un mot que je croyais bâni du dictionnaire urbain, depuis le triple effet « consommation de masse ».
Ils étaient parfois risibles ces déhanchements de filles déguigandées au sortir d’un défilé, parfois snobinards ces coups d’œil méprisants de gens « de la Haute » sur le « Bas peuple » mais, à survoler cette fashion week de mon avion qui mitraille les zones d’ombre et rosifie la réalité, il semble bien que l’esthétisme soit sortie en vainqueur...
Le beau, le raffinement, la préciosité planaient en apesanteur au-dessus des jardins, tandis qu’un effluve de parfum féminin courrait le long des pavés parisiens.
Si j‘avais été un homme je serais tombé amoureux de ces muses rivalisant d’ingéniosité pour honorer l’invitation de leur couturier préféré.
Si j’avais été une muse, je serais tombée jalouse de toutes ces rivales plus stylées les unes que les autres.
Si j’avais été un couturier, je me serais senti aussi puissant que faible de se savoir courtisé le jour J puis contre-attaqué le lendemain dans la presse.
Un temps, j’ai rêvé à ces Elégantes du Siècle, immortalisées par les plus Grands (Seeberger, Horst, Beaton, Penn…); photos de courses hippiques, de stations balnéaires ou de studio académique qui hantent mon imaginaire et mon dressing.
J’ai songé à cette poignée de stylistes qui se tue à la tâche pour faire triompher sa propre vision de l’élégance, quand une armée de copieurs « Fast-Fashion » fait tout capoter.
J’ai même envisagé un retour de l’élégance imposé en dictature : « Tu ne sortiras point avec ce vilain jogging. Tu n’achèteras point ce vilain tissu bas de gamme. Tu n’afficheras point ce vilain museau fardé de paillettes (avant Noël). »
Et puis je suis redescendue de mon nuage pour me contenter d’un fait rassérenant : l’Elégante ne sera jamais une espèce en voie d’extinction…
Amen.






