Poirette sur les pas de son Pygmalion

Le Boudoir de Poirette

30 septembre 2007

Démontage Chopinot-Gaultier

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Deux jours de démontage pour une année de préparation, la dure loi des expositions.

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Après M. Gaultier et Mme Chopinot, place à M. Lacroix et ses « Histoires de mode » au Musée de la Mode et des Arts Décoratifs.

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Absente lors du montage du « Défilé », je fus ravie de déshabiller les silhouettes massives aux regards rieurs. Costumés avec malice et humour par Jean-Paul, les gaillards de Régine semblaient encore danser devant moi. Certains costumes si pesants et encombrants que je réalisais combien la danse est une prouesse physique. La qualité des matières me surprenant tout autant. Nous avons souvent tendance à déprecier les costumes (de danse ou de théâtre) avec cette idée préconçue que de loin les défauts sont invisibles. Pour ce qui est de la danse, ils doivent néanmoins être très résistants, tout en restant très souples. Agilité du costumier, la tenue doit accompagner le geste du danseur sans l’entraver. Les costumes issues de l’imagination florissante de Gaultier sont à la fois confortables, esthétiques, bien finis et résistants.

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Avec des noms aussi cocasses que piquants, ils illustrent bien le qualificatif d’« Enfant terrible » accolé au nom de JPG :

— 1984, spectacle « Les Rats » : tutu rouges et noirs en forme de fraises Henri III, perruques en crin de "gentilhomme", espadrilles en guise de pointe-calvaire, évoquant le dur labeur incombé aux petits rats de l’Opéra.

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— 1985, spectacle « Rossignol » : tenue de "gros poussin" en jersey stretch et tulle bouillonné rose afin de porter la danse dans les airs.

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—1986, spectacle « A la Rochelle, il n’y a pas que des pucelles » : Dragon, chien, rate, sanglier engonssés dans des bodys en sergé matelassés se terrent derrière des coiffures-masques en plastique imprimé.

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—1988, spectacle « KOK » : Boxeurs se castagnent sur le ring en peignoir grimmés de noms provocateurs… Archie Black porté par Lee Black, un noir donc, Boo Bull, Alonzo Plumard ou encore Poids Chiche, qui n’est autre que Régine Chopinot.

La haute-couture aussi était au rendez-vous.
La dernière salle exposait quelques pièces iconiques JPG : la première robe à seins coniques, la fameuse robe jersey s'achevant en plumes d'autruche rayées marin, une robe à crinoline apparente...

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D’autres malins plaisirs m’auront comblée.
Me glisser dans les vitrines pour éluder les trucs et astuces jalonnés par une équipe de magiciens-scénographes m’ont fait passer derrière le rideau.

Mais peut-être finalement vaut-il mieux laisser planer le mystère d’un tour plutôt que de découvrir qu’il ne tient qu’à un miroir réfléchissant ou à un jeu de lumière…

Posté par marlyne à 01:55 - Poirette esthète... - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 septembre 2007

Souvenirs, souvenirs...

Rag Time, 23 rue de l’Echaudé, 75006 Paris.

Pendant une année, j'ai travaillé en tant que "conseillère" dans cette échoppe « vintage » dédiée à la féminité.
Jusque là, peu d’originalité vu le nombre croissant de boutiques de ce genre à Paris. Mais cette boutique ne ressemble à aucune autres...

Pièces Haute-Couture de 1880 à 1980, chaussures, accessoires, lingerie, bijoux et tissus se coudoient, embellissant nos rêves de jeunes filles de 7 à 77 ans.
Une vitrine pimpante et chamarrée l’été, « visonnesque » et pelissée l’hiver.
Ne soyez pas effrayés d’y poser un doigt de pied. Le regard inquisiteur de la maîtresse des lieux n’est justifié que pour dissuader les badauds irrespectueux de venir se divertir. Nous ne sommes pas chez Festifête, ni chez Kiloshop mais dans le Royaume de Françoise Auguet, Expert en Haute Couture du XXe siècle.

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Plantons le décor.
À l’entrée, vous accueille un pupitre antique sur lequel règne un désordre animé : étiquettes, stylos, factures, cendriers, magazines, cartes de visite se livrent une féroce bataille. Vainqueur du jour : le facturier, bien aise de se retrouver au-dessus de ce fatras, il évitera la houspille quotidienne de la patronne fouillant sacs et ressacs…

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Au centre, un escalier en colimaçon, support céleste pour les pièces à succès, que devance une authentique caisse enregistreuse du XIXe siècle posée sur quelques tapis diaprés. Au fond, une étagère accessoirisée de chapeaux, de sacs, de chaussures et de ceintures, jouxte une cabine d’essayage improvisée et un triptyque massif où se mirent les belles Narcisses. Quant aux portants et tiroirs-surprises, il n’est pas de plus doux plaisirs que d’y réviser ses leçons d’histoire.

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Leçons d’histoire et de couture jamais récitées par cœur, mais lancées avec foi sous forme de devinettes : « Et cette robe, quelle année, quel couturier ? » se plaît l’Expert à titiller ses disciples les plus érudits, Azzedine Alaïa, Marc Audibet, Dominique Sirop. Et de jubiler quand un indice mal interprété lui donne raison. Distinguer une robe trente d’une robe soixante-dix par la seule examination scrupulueuse du fil et de la couture, sans se laisser influencer par nos « images reçues », reste l’une de ses prouesses préférées et le reflet d’un savoir éternellement cultivé. Un effeuillage de magazine ancien pour tuer l’attente quand soudain, c’est le flash : une photo de « sa » robe portée par une vedette de cinéma, quel trophet ! Il faudra revaloriser son prix à la hausse… Revalorisation argumentée par une bibliothèque secrète, digne de la section mode à Forney.

Mystère, mystère, tu planes dans cette caverne d’Ali Baba…
Du réseau de fournisseurs aux dernières trouvailles sorties tout droit d’un cagibi encombré, une règle unique : ne jamais poser de questions. Seul son souffle saccadé traduit sa satisfaction quand, toute émoustillée, elle débouchonne de son écrin une magnifique robe haute-couture griffée Saint Laurent, Chanel, Balenciaga…
Et toujours, la même recommandation, de sa voix rauque : « Si vous montez, n’allez surtout pas à droite ! » Mais les interdits poussent à la curiosité : sur des portants entassés, sa « private » collection sommeille jusqu’aux jours tant redoutés où elle se retrouvera étiquettée des pieds à la tête à l’Hôtel Drouot.

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Tiens, un vison à terre et des clés, au beau milieu des foulards Hermès ?
N’essayez pas de comprendre. Et ne fuyez pas si, dérangés par cette odeur malodorante de cigarette planant au-dessus des merveilles séculaires, vous vous interrogez sur la « bonne santé » de ces antiquités…Une perle 1925 malencontreusement tombée de la main d’un client peu précautionneux la ferait sortir de ses gonds quand un halo de nicotine sur une robe à pampilles, ne lui ferait pas « Tilt ». Logique, tu piques.

Boutique ordonnée pour un début d’après-midi ordinaire, ambiance surchaufée pour un entre-deux budgetaire, café-débat pour un début de soirée littéraire, à chaque heure sa spécificité. Dernier bastion d’une coutume ancestrale, le « philofashion » revêt différents discours : politique, économie, art, mode, littérature, les conversations savantes s’échafaudent entre passionnés, collectionneurs ou couturiers. Débat rondement mené par la maîtresse des lieux galvanisant son auditoire de paroles enflammées bien tranchées. Car c’est ce caractère bien trempé qui fait sa renommée et donne à ce lieu son caractère pittoresque. Symbole émouvant de l’œuvre d’une vie, Rag Time perdrait son âme si elle devait changer de propriétaire.

Champagne ! Une semaine ne saurait s’achever sans une coupe de l’amitié tintée d’une complainte dépitée : un bilan escamoté pour une semaine semée d’absentéisme.
Jouir ou s’enrichir, il faut choisir…

Si aujourd'hui, la belle histoire s'est achevée, je garde un souvenir magique de ces leçons de mode, de ces rencontres insolites et burlesques.

Posté par marlyne à 00:20 - Poirette trouve ça chouette... - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 septembre 2007

New Look !

Vous avez sans doute remarqué que je suis en pleine mutation en ce moment...

Un bon relooking, ça ne fait pas de mal de temps en temps.
Soyez patients, cela prend du temps.

Je vous promets des albums photos beaucoup plus intéressants (photos inédites de mes expériences mode : Poiret, Balenciaga, Lacroix), des catégories plus diversifiées et plus originales (y a pas de mal...), des écrits plus ou moins littéraires, des coups de coeur...
Bref, ne me quitttez pas !!!

Un hommage et un grand merci à mon cousin - auteur de mes bannières poétiques -  "l'Artiste de la famille" comme on l'aime à l'appeler (et lui non, je ne vois pas pourquoi...) : décorateur, graphiste, scénographe, Artiste-peintre (et là il va me buter s'il lit ça, car il est très modeste, hé oui je l'adoooooorrre !), plus d'une corde à son arc.
Et comme il a aussi un blog (qu'il n'alimente plus d'ailleurs, bravo Bik-Bik !) je lui fais un petit peu de pub (beaucoup même) : à voir, en lien, Part de soi.

So see you soon on my moon !!!!

Posté par marlyne à 18:49 - Brèves de boudoir... - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 septembre 2007

Le blues de l'historian woman

Vive la rentrée !
Vive la transition vacances coup de poing dans la face !

Ces derniers jours, j'ai eu envie de vous dire des tas de choses mais une force perverse ineffable me tirait vers le bas. La morosité, le pessimisme m'envahissait, ce qui n'est pas dans mes habitudes. Mais peut-être en avais-je besoin pour me recentrer sur le tournant que devait prendre ma vie.

C'est facile de suivre ses études à la lettre, de prendre rencart avec les CDI de la fac, de s'emballer pour des stages qui vous font entrevoir la grande vie par la petite porte mais quand arrive LE moment de faire sa place dans le monde du travail, conseils et projections ne valent plus un copec.

Quand on est au début de sa carrière, que l'on veut faire un métier que l'on sait "bouché", que le mot précarité revient sans cesse sur les lèvres de ces passionné(e)s qui y ont voué leur vie, mieux vaut être averti du chemin que l'on prend.

Ah ! la mode est un mileu cruel ; mais comment s'en passer quand on y a goûté ?
Que je m'estime heureuse, je n'ai pas plongé dans le stylisme (un tel panier de crabes !) mais que penser de ce petit cercle d’initiés des historiens de mode ?

Quand les budgets se font si serrés qu'ils ont le chic de déprécier "ces gens qui aiment la poussière" et font avorter les projets éditoriaux. Quand les travaux de recherches (primordiaux pour autant, même si aujourd’hui, même dans les catalogues d’expo, le texte se fait fantôme au profit du grand format photos, rrrrrrr je maudis la tendance image pro-Vogue ! Je pense notamment aux derniers catalogues d'exposition Balenciaga et Poiret) sont rarement rémunérés : "Vous n'y pensez pas ! Payer un rat de bibliothèque, pour quoi faire ? Ils aiment ça, oui ou non ? "

Mieux vaut donc être rentière ou fille à papa pour s’adonner à ce sacerdoce (là c'est mon côté cynique qui revient à la charge); à moins que l'on soit capable de se diversifier (là c'est mon côté "quand on veut, on peut").

J'opte pour la seconde solution.
Archiviste, journaliste, historienne, prof, mannequineuse, habilleuse, commerciale (vraiment quand je n'ai pas le choix) ; avoir plus d'un tour dans son sac en attendant de viser juste. Ca semble simple dit comme ça, pourtant la « diversification » peut parfois vous faire perdre le fil...

C'est ce qui s'est passé cette semaine, lors des salons de Prêt-à-Porter.
Pour un temps, j'ai revêtu le costume du VRP pour une nouvelle marque de sacs conceptuels : 2MIX (une amie s’est lancée avec courage dans cette aventure à risques, chapô !)

Allez un peu de pub (je vous fais la lecture de la plaquette) :

« HARNESS BAG » est un concept de sac de shopping et de voyage nouveau et ludique.
Ancienne assistante d’Azzedine Alaïa et de Karl Lagerfeld chez Chloé et Chanel pendant de nombreuses années, Isabelle Bourne a accompagné la renaissance de Balenciaga dans la dernière décennie.

« La partie la plus noble d’un sac est celle qui vous tend la main. »
Sourcière de la mode, la créatrice a mis au point un astucieux harnais à double porté « épaule et main » qui constitue la charpente du sac.
Il peut être choisi en cuir ou en tissé et agrémenté de pastilles optiques.
Ces « sangles porteuses » enveloppent les contenants en se pressionnant et en s’adpatant à un large éventail : De poches et de valises amusantes de tous styles (du cabas au polochon), de tous calibres (du sac à main quotidien à la valise XXL) de toutes matières (du coton mat en passant par les nylons sages ou ludiques, jusqu’aux cuirs précieux : Pythons, Anaconda, Saumon…) Et de toutes les couleurs : de l’écru sage au « glitter fatal ».
Parce que « le sac est l’affaire de toutes et de tous », elle laisse à chacun le soin de créer sa mode, en combinant à sa fantaisie les poches et les harnais.

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Suite à venir ; pour vous raconter ma vie, je vais chez le coiffeur et je reviens ! (après une petite dépression, rien de tel que de changer de tête pour prendre un nouveau départ…)

Posté par marlyne à 13:59 - Poirette fait la tête... - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

04 septembre 2007

Police du goût

Voici ce que j'ai lu hier dans le Ouest France, ce journal que j'ai toujours vu posé sur la table de la cuisine de chez mes parents, et dont je ne lis bien souvent que les 3 premières et dernières pages...
Voici donc ce que j'ai appris dans les faits divers (qui n'en est pas un !)

« Le pantalon taille-basse hors la loi »
Le front « anti-baggy » prend de l’ampleur aux Etats-Unis. La ville d’Alexandria, en Louisiane, vient ainsi d’interdire ces pantalons portés en dessous de la taille. L’amende pour « caleçon apparent » s’élève à un peu moins de 20€. Mais dans une autre ville de Louisiane, Delcambre, pour le même délit, les contrevenants doivent payer près de 360€ et risquent six mois de prison en cas de récidive.

Si l'on sait que les retombées créatives américaines débarquent en France avec une saison de retard, que notre président prône l'atlantisme, que la milice du goût "Sarko" ne saurait tarder à être créée, il ne reste plus qu'à prendre cette sentence très au sérieux.

Et pour une fois, je ne suis pas mécontente que les merloks inflencent notre way of life...
Ah ah ah, profite encore petit taille basse de malheur, l'heure de ta mort est programmée !

Posté par marlyne à 12:44 - Brèves de boudoir... - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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