Poirette sur les pas de son Pygmalion

Le Boudoir de Poirette

18 juillet 2007

L'Orgasme en Aparté

Arte, lundi 17 juillet, 10h22 : L’heure est grave.

Remettez vos pendules biologiques à l’heure, ce soir on parle ORGASME, Ta Da !
Et on laisse les femmes s’exprimer librement, caméra pointée sur leur sexualité, double Ta Da !

Rectifions le tir. Disons plutôt que les femmes se sont autorisées à parler sans pudeur du sujet longtemps éhonté ; fait rarissime - devant la France et l’Allemagne réunies - bien que nous soyons de moins en moins brimées sur la question, il faut l’avouer… Allons, tout le monde sait qu’entre copines, les filles se lâchent à mort et ne tarissent pas de détails crus (et cruels pour nos pauvres hommes) sur leurs ébats ; ce qui explique entre autre le succès de la série Sex&TheCity dans laquelle chaque femme pouvait s’identifier (« T’es une grosse Samantha toi ! » « et toi t’es Charlotte, espèce de coincée ! » — oui, ça pouvait aussi provoquer des rixes... Bon bah moi, c’est Carrie et ses chaussures, bien que je ne pense pas avoir son côté cul-cul la praloche (et encore, des fois ça vient on ne s’en rend pas compte...) Mais comme on a souvent rapproché mes chroniques new yorkaises à celles d’une Bradshaw (ce n’est pas moi qui le dis, je vous le jure !), j’acquiesce et je m’incarne en Mme Big le temps d’un songe...

Mais revenons à nos moutons noirs.
Le documentaire se penchait au préalable sur le cas des femmes, sans omettre d’interroger les hommes, en réponse à cette tyrannie qu’exerce désormais la femelle sur le male (car à ce stade du documentaire, nous sommes tous des bêtes, RRRRR !). Ah, comme les temps ont changé, il en faut des couilles pour être un homme aujourd’hui !

Prudence, pas de généralités abusives. Aussi réel qu’il reste des ignards totalement indifférents à la complexité féminine, et des froussardes frigides incapables de succomber au « laisse-toi aller », de plus en plus rares soient-ils apparemment. Alléluïa ! Il paraît même qu’ à force de trop vouloir contenter sa belette, l’homme s’oublierait… (ça j’ai quand même du mal à le croire ; à moins qu’il ne s’agisse de performance, là je serais plus facile à persuader.)

La femme s’affirme, l’homme se fait peluche, dans un inversement des valeurs parfois cataclytique ; conséquence d’une incompréhension mutuelle : «Pas de calin, ni de prémiminaires, attaquons directement » (détrompez-vous, c’est la fille qui parle..) Hé oui Mesdames, ne soyez pas trop brusques, ça peut ramollir nos hommes ! (Loin de moi la prétention d’être une donneuse de leçons, j’ai tout autant appris à travers ce docu.)

D’ailleurs ce qui m’aura le plus étonnée, c’est ce franc-parler avec lequel se livraient les protagonistes, hommes-femmes confondus. Cette petite étincelle coquine dans l’œil de nos apprentis comédiens qui, à l’abord du sujet, se dévoilaient avec malice, oubliant peu à peu la caméra, pour finir par se mettre à nu (au sens figuré, j'entends). Et Josette (nous l’appellerons comme ça, je ne sais plus son nom) — cette septuagénaire discrète et réservée qui avait accepté de jouer le jeu à l’abri des regards courroucés de sa bourgade campagnarde — si touchante, avec ses yeux clairs embués de larmes, au souvenir de son premier orgasme à 46 ans ! (Vive la révolution sexuelle...) Et que dire de ces anciens hyppies reconvertis en Experts du point G qui ont mis à disposition publique des ateliers « nature et découverte » pour âmes en peine de se trifouiller l’anatomie ?? Hé bien que ça n’est pas donné à tout le monde ! (ça m’a quand même bien fait rire…)

En points concluants de cette étude (très sérieuse, attention !), c’est que la femme OSE, elle ne se cache plus derrière des ânonnations et fantasmes inassumables. Danger : Passer de la femme-objet à l’homme-objet (on a bien vu les conséquences néfastes de cette passation de pouvoir expérimentale à NY).
Quant à l’homme, il refuse désormais qu’on le prenne pour une machine bestiale, il réclame en dommages et interêts - contre ce préjudice vieux comme Hérode - une prise en considération, de l’attention et de la douceur…

Rien ne va plus !

Posté par marlyne à 23:54 - Poirette prend son nez pour une trompette... - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



« Accueil  1