1944 : Né le 17 novembre à Rotterdam, il entretient avec son pays une relation passionnelle d’amour/haine. De 8 à 12 ans, il séjourne en Indonésie, période marquante pour son œuvre.

1968 : Journaliste et scénariste, il se tourne ensuite vers l’architecture. Il s’envole étudier à l’Architectural Association de Londres.

1975 : Il s’installe à New York puis fonde, avec Madelan Vriesendrop, Elia et Zoé Zenghelis sa propre agence basée à Rotterdam et baptisée « Office for Metropolitan Architecture »,OMA.

1978 : Première heure de gloire suite à la publication de son manifeste rétroactif devenu culte, Delirious New York. De sa tour de contrôle, il repense la construction de Manhattan. Entre autres postulats, Koolhaas déclare que l’Île de Coney Island, gigantesque parc d’attraction et terre de tous les fantasmes technologiques, fit office de laboratoire expérimental pour Manhattan.

1982 : Il se fait remarquer en participant au concours du Parc de la Villette. Parti à l’assaut de concepts atypiques, il s’intéresse à tous les types de construction, de la villa privée (La Villa Dall’Ava à Saint-Cloud, 1991) au building tertiaire (Checkpoint Charlie, Berlin, 1989), du musée (Guggenheim Hermitage, Las Vegas, 2001) au tramway (La Haye, 2004), de l’urinoir (Groningen, Pays-Bas, 1996) au concept store (Prada, Beverly Hills, 2004).

1991 : Investi dans le développement des villes asiatiques, il satellise l’OMA à Beijing. Sortent de terre l’immeuble du H-Project Cultural Center et le Musée de l’université nationale de Séoul.

1994 : Chef de travaux pour la direction du projet d’urbanisme Euralille.  Sa mission : défricher 70 hectares en un ensemble de bureaux et de centres sociaux au cœur de la métropole lilloise. Et ce, avec économie : il opte pour l’utilisation de matériaux économiques, tels que le plastique et le contreplaqué. "No money, no detail ".

1995 : Titularisé professeur en architecture et design d’urbanisme à l’université de Harvard. Architecte gourou du chaos moderne, il publie sa bible best-seller S, M, L, XL dans laquelle il place l’architecte en « gestionnaire d’échelles », sachant tout autant organiser la ville, que construire les bâtiments, produire le mobilier urbain et gérer l’habitat. "La ville fait place à une condition urbaine universelle."

1998 : Prix de l’« Equerre d’argent » récompensant l’audace structurelle et la simplicité des formes de la Maison de Floirac. Aménagée pour une famille de quatre personnes dont une tétraplégique, elle est dotée, au cœur même du bâti, d’une « pièce-ascenseur ».

2000 : Consécration. Il reçoit le Prix Pritzer, le « Nobel de l’architecture ». Publication de Mutations, œuvre annonciatrice de la fin d’une ère. Conséquence directe de la mondialisation, la ville serait devenue un tel lieu de flux et de permanentes mutations que les urbanistes et les architectes ne pourraient plus agir sur elle. « Fuck the context », écrit-il en se référant à la mort de l’urbanisme. Accepter ce qui existe et se laisser porter par cette vague.

2004 : En lice pour le projet du réaménagement des Halles, qui se devait d’être « l’expression d’une modernité verte », créant un lien fort entre la vie au sol et celle du sous-sol. Non-retenu. Pas plus que ne l’avaient été ses projets pour La Villette en 1982, la Grande Bibliothèque en 1989 et la Bibliothèque de Jussieu en 1993. Il déclarera en conférence de presse que sa vision de la ville est politiquement incorrecte pour Paris.

2005 : L’OMA ne sait plus où donner de la tête : ouverture de la Casa da Música à Porto, construction du New City Center à Almere (Pays-Bas), du Concert Hall de 1850 places à Porto (Portugal), du Cordoba Convention Center (Espagne), ou encore du Centre pour le Zeche Zollverein à Essen (Allemagne). Prix de l’Union Européenne Mies Van der Rohe pour l’ambassade des Pays-bas à Berlin, édifice monobloc spiralisé.

2007 : L’avenir est entre ses mains, il s’investit dans le chantier du Siège de CCTV, la centrale de télévision pékinoise. Sur une superficie de 575 000m2, le projet devrait voir le jour en 2008, pour la célébration des Jeux Olympiques. Situé sur le deuxième « ring » qui entoure la Cité Interdite, au cœur d’un nouveau centre d’affaire, le bâtiment est envisagé comme une boucle de Möbius monumentale, de 228 mètres de hauteur. « Là où il n’y a rien, tout est possible, là où il y a de l’architecture, rien (d’autre) n’est possible » (« Clowns », S, M, L, XL)