1963 : Naissance le 9 avril, à New York. Enfance dorée dans l’Upper West Side, élevé par une « Mamy Tricot » qui sustente au vide parental et l’initie naturellement à la couture. Un enfant terrible de la mode, prédestiné.
1981 : Parcours sans faute pour ce lycéen appliqué, diplômé de la prestigieuse High School of Art and Design. Première expérience mode : Magasinier chez Charivari, boutique avant-gardiste amourachée de jeunes talents. Talent Jacobs soutenue par Barbara Weiser, la présidente. Une première collection de hand-knit Sweaters voit le jour sous le label : « Marc Jacobs for Marc and Barbara ». Second tuteur : Perry Ellis, le bienfaiteur ; agent d’inscription à la bien nommée Parsons School of Design.

1984 : Année de tous les trophets. Elu Etudiant Styliste de l’année. Dé d’or Perry Ellis. Dé d’or Chester Weinberg. Date fatidique de sa rencontre avec son exécutif, Robert Duffy, lors de sa présentation de fin d’études : une collection de chandails oversize handmade, truffée de « smileys » roses vifs ; prémice de son style qu’il qualifie lui-même « d’un peu funk, un peu trash, un peu chic ». Ovation dans la salle, le business man est conquis. Le contrat d’amitié coopérative est immédiatement ratifié, son concept « Love for fashion, commitment to quality » entériné, et la collection « Sketchbook » bientôt en rayons. Vingt-trois ans plus tard, le binôme Jacobs-Duffy ne connaît aucune faille.

1989 : Faute de partenaires financiers sérieux, les débuts sont cahotiques mais non vains ; la réputation du duo s’étend auprès des acheteuses new yorkaises et le créateur gravit la côte de la popularité... Perry Ellis confie les reines de la création PAP femme à Jacobs, celles de la présidence à Duffy. Leur collaboration sera brève mais légendaire…
1993 : Chassez le naturel, il revient au galop ; Jacobs crée le scandale avec une collection grunge. Licenciement immédiat sous feux de presse à scandale, qui ne sera pas pour nuire à sa réputation. Les grandes prêtresses de la mode ne jurent plus que par lui. Le CFDA lui décerne le Prix du Womenswear Designer of the Year. Le partenariat « Jacobs Duffy Designs Inc » se labélise.

1994 : Come-back spectaculaire du « Gourou du Grunge ». Du rétro 70, du cuir sequin, du tweed et de la fourrure. « Du Funk, du Trash, du Chic... » Succès garanti, le style Marc Jacobs devient identitaire. « Je continue à penser que je crée des collections grunge car je n’ai pas de meilleur moyen de les nommer. » S’ensuit une ligne de souliers hommes-femmes, une deuxième ligne éponyme : « Marc By Marc Jacobs » et une floraison de boutiques en Eurasie.

1997 : Nommé Directeur artistique de Louis Vuitton. Sa mission : Redonner un coup de jeune à la griffe séculaire, créer ses propres lignes accessoires : sacs à main, lunettes, chaussures et montres. Premier défilé (Mars 98) : Minimaliste, atone, limpide, version du luxe sans efforts : « J’adore transformer des objets quotidiens et confortables en les choses les plus luxueuses du monde. » Deuxième défilé (Octobre 98): Rafraîchissant ; sacs mania, vestes militaires, broderies papillons sur jeans, espadrilles compensées, ballerines plates à bouts ronds. Mission accomplie. Tonnerres d’applaudissements, auréolés du prix « Womenswear Designer of the Year » Bis.

2000 : Première campagne publicitaire sous l’objectif du photographe-ami Juergen Teller. Sofia Coppola prend la pose, suivie d’une file d’attente d’artistes, mannequins, acteurs. 2000+1, feu d’artifice sur Hudson River, Pier 54, pour le lancement de son premier parfum féminin « Marc Jacobs Perfume ». Il voit grand mais n’oublie jamais les petits ; les bénéfices sont destinés à une douzaine d’œuvres de charité.

2002 : Couturier de toutes les distinctions pour une année masculine. Cinq ans après la première collection homme, il reçoit le prix du meilleur Designer Homme et lance son premier parfum « Marc Jacobs for Men », fragrance figue.

2003 : Après « Stinky rat » pour les bébés et « Little Marc » pour les enfants, création d’une  nouvelle gamme de cosmétiques, accessoires et chaussures. Blush, essence jasmin, second parfum féminin. Lancement de la ligne « Marc Jacobs Home » : luxe, qualité, tradition. Bilan : 6eme récompense du Concil of Fashion Designer.

2005 : Invasion Marc Jacobs. Melrose Place se doit de libérer ses quartiers, Boston assiste au raz-de-marrée Multi-brand Store, la Floride et Paris s’engouffrent dans les Collection Store. Objectif ultime : lancement d’une ligne de lunettes et de montres, en partenariat avec Safilo et Fossil. Pour fêter son succès et la fin d’année, il se déguise en cochon géant (thème Western), paparazzi à l’appui : « J’aimais l’idée de créer une sorte de bruit visuel à travers l’habillement.»

2007 : Revers de la médaille « Succes Story » : il retourne en cure de désintoxication. Son compère, Robert Duffy, fait un communiqué de presse : "Nos prières sont avec lui ».