Poirette sur les pas de son Pygmalion

Le Boudoir de Poirette

29 avril 2007

No more !!!

J'arrive à terme de mon séjour...
et à bout de mes limites olfactives.

Sentir les odeurs graisseuses de fried chicken coller mes pas, mirer l'obésité s'installer sur chaque paire de fesses, je suis à bout.
Mes yeux ne s'écarquillent plus, mon estomac n'a plus goût à rien et mes narines sont devenues stériles.

Il fallait que je réside dans le pays de la malbouffe pour réaliser combien se nourrir décemment est important.
Je ne rêve plus que d'une chose : savourer les plats raffinés de ma mother, me taper un bon barbuk en famille, me faire une crêpe party avec du Nutella et une bouffe bonne franquette entre amis.

Je rêve au jour où les buildings redeviendront immeubles haussmaniens, où les rues redeviendront propres et sinueuses, où l'oversize prôné par le mâle US redeviendra ajusté (pas skinny, mais un mimimum attirant quand même!).
Je rêve à l'esthétisme architectural parisien, au romantisme européen, au raffinement féminin.
Je rêve à des jambes moins musclées, des cernes moins prononcées, une energie moins pompée.
Bref, je rêve et ça fait du bien.

Je rêve aussi au jour où l'amour sera une affaire d'équité pour tous : "Tu l'aimes, il t'aime, soyez heureux".
Mais Dieu en a décidé autrement : "Je te suis, tu me fuis, je te fuis tu me suis". Alors je fuis.

J'éxècre l'amour, je vomis l'avenir, je chéris le passé.
Oui, l'humeur est sombre mais il y a des soirs où même le fait d'être à New York ne fait plus aucun effet. Je ne rêve plus que de simplicité et de ma couette Dauphin.

Ca va passer, comme toujours...
Je suis juste blasée.

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26 avril 2007

La touriste attitude

Allo, Allo !!!!

1,2...1,2 je vous reçois 5 sur 5.
Encore un contretemps nommé topine qui m'empêche de poursuivre mon récit.

Leatitia est bien arrivée lundi, j'essaie donc d'être un bon guide. Ce n'est pas gagné car vous connaissez mon sens de l'orientation (je crois que je tiens de ma mother) mais pour ce qui est du flair shopping, il est infaillible ! Elle a déjà craqué sur une paire de shoes, le début d'une longue série d'achats (enfin pas trop quand même, j'essaie de la raisonner car elle doit rammener les miennes...)

Maintenant à mon tour d'être votre guide (j'ai du retard à rattraper), fermez les yeux et serpentez dans les rues new yorkaises...

- Samedi : journée Chinatown avec la number one des guides, Mei ma colloque chinoise.

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La journée était bien choisie car c'était le jour de la fête nationale, traduction = journée dégustative avec des stands de bouffe à chaque coin de rue. DSCF4311
Un monde de dingue et des chinois partout, de quoi défaillir et voir jaune !
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Mais des boutiques atypiques où l'on pouvait acheter du requin, du serpent, du chat, le tout séché.
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Heureusement, un bon décapage point noir nous attendait à 16h, après une petite marche digestive bien venue après ce que nous nous étions enfilés. Un massage du visage pendant 2h avec en paquet cadeau une roupillette. Mais à franchir le pas de la sortie, les points noirs réintégraient leurs quartiers et la peau s'en reprenait plein la tronche (pollution, chaleur, gros plein de soupe...)
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20h RDV humour avec les gros merloks pepsisés... Enfin ce qui devait être de l'humour, un Comedy Show avec un metteur d'ambiance, James...
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et des comiques intervenants...
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Ouahhhhh la déconnade ! Hormi le fait qu'ils aient voulu me faire monter 3 fois sur scène et qu'ils se soient foutus de mon accent ouvertement, j'ai tout de même capté que nous avions affaire à des vainqueurs merloks, humour grivois ("Suck my big dick, lick my pussy!!!") à longueur de sketch ! Venez les copains, on se casse à l'entracte !
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Pour atterrir à notre QG week-end, l'APT. Journée bien remplie donc. Passons à dimanche...

- Dimanche : Journée préparation de Birthday Party pour ma colloque française Aurélie.
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Quel bien fou, ma première party dans un appart ! (car en général, les appartements sont tellements étroits qu'il est rare de venir manger à la bonne franquette chez un ami, et dieu sait que ça manque ! Ras-le-bol des restau, on devient blasés).
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Courses au supermarket, popotte et fourneaux l'aprem, un réel plaisir, incroyable non ! Serait-ce que je deviens femme d'intérieur ?
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Pour finir en beauté, une altercation avec notre cher voisin complètement bargeot, obligée de régler cela avec les flics. Mais tout est bien qui finit bien, rassurez-vous. Passons à lundi...

- Lundi : J'ai retrouvé Leatitia !
Suite demain, je dois encore mover, quelle vie mes aïeux !

Je vous fais à tous de gros gros mis
J-14 J-14 J-14 !!!!!!!!!!

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21 avril 2007

Le début de la fin

La boucle est bouclée.

La découverte, le chômage, le retour d'une copine synonyme de nos premiers pas de souris et je me fais un flash back.
Retour à la case départ, les souvenirs et les expériences en plus.

Nous avons effectivement retrouvé notre vedette nationale, la plus dégentée de toutes les nanas, Eve !

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Soirée smart. Premières retrouvailles scellées par un concert solo de piano dans une école de danse et de musique à Greenwich :

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Le pianiste étant un ami d'eve, je vous présente Guillaume et son piano (et son costard pêche au moule... enfin de là où vous êtes placés vous ne pouvez pas vraiment voir)

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Surprenant ce garçon, un français à l'allure black américaine super baraque, que l'on savait prof de gym (car il devait nous donner des cours) et l'on apprend de plein fouet qu'il est pianiste professionnel et puis quoi encore ? Pourquoi pas vendeur de hot-dog à Central Park ?

Surprenante cette soirée, arrivée quelques minutes en retard, je finis par m'asseoir à côté d'une amie d'Eve qui n'est autre que Shirley, la bombasse de Caméra Café, venue 15 jours à New York faire un stage de théâtre. Mais si vous voyez bien ! Trop sexy la meuf et sympa en plus, rrrrrr c'est rageant !

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Et hop, cliquez sur les 3 bombasses ! (Shirley, Eve, Delphine)

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Et hop, direction le Café Wha que l'on dit sympatoche...My ass ! (Pour ceux qui seraient tentés de prendre un billet d'avion, n'y allez pas, on se croirait dans un camping, animation karaoké avec les couples de vieux beau qui se font des tentatives de copulation... )

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Enfin, on peut tout de même dire que cette semaine début loose se finit happy end.
Car j'ai aussi rencontré une fille qui m'avait contactée sur mon blog. 23 ans, très sympa, drôle, je vous présente Leslie (c'est dingue ce que l'on peut faire avec un blog!)

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Je respire, je ris, je sautille, je vis !
Décidément, ça a vraiment du bon de se faire virer, je vous le conseille !

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19 avril 2007

Un nouveau jour se lève

Je suis libre !

Un bon licenciement immédiat et on en parle plus.
Deux mois balayés en une journée, comme si je ne m’étais jamais investie dans ma buvette, comme si je n’avais jamais servi la cause des bénéfices.
Jetée comme une moins que rien. Ne pas être susceptible, ravaler sa rancœur et se rappeler que « ça se passe comme ça chez Mc Donald».
Les affiches du métro sont fourbes : "Changez de vie en 2 jours" et chaussez vos lunettes pour remarquer l'astérix "Soyez une looseuse".

Premier jour de chômage, je respire. L’engrenage fatigue, courbatures, sourires hypocrites, consommation facile est un cycle infernal. Il n’y a rien à regretter.
J’ai acquis ma première expérience de serveuse (cela ne pourra jamais me desservir), j’ai fait mon temps au Gamin (bien gentil le mioche mais à petite dose), j’ai rencontré ceux qui resteront mes amis à l’international (la classe, you know…)

Ras-le-bol de servir ces pintades américaines (les pires clientes), ras-le-bol de me faire huer « Charlène » ou « Baby » à longueur de journée (les mexicains ne savent pas prononcer les M), ras-le-bol de subir les avances balourdes de Mario Bross, le gros Adolfo (le cuisto qui se prend pour un grand chef français mais qui n’a pas compris que la classe française commence par une hygiène irréprochable. Tablier moucheté, casquette huileuse, gros doigts beurré qu’il avait le chic d’essuyer dans mon dos, beurk il dégoûte ! Certes j’ai bien profité de ses gros plats mais combien de fois ai-je fermé les yeux pour ne pas tirer au cœur..)

Enfin, je ne vais pas cracher sur mon job adoptif qui m’a permis de tenir l’hiver. J’en ai bavé mais je ne suis pas rancunière. Je suis maintenant à même de me pointer dans tous les autres restau de la ville, expérience non fictive au tablier. Mais ce sera pour la nouvelle année. Il ne me reste que 15 jours, je compte bien en profiter. Et puis trop la flemme de refaire toutes ces démarches épuisantes.
Je comprends mieux pourquoi à New York la coke court les trottoirs car cette ville requiert tellement d’énergie qu’il vaut mieux en avoir à revendre (de la drogue ou de l’énergie, à nous de choisir)

A moi les explorations touristiques et les bonnes résolutions linguistiques (afin que j'ai envie d'y retourner, comme tu dis si bien mon Biket). Je vais reprendre assidûment mon bachotage vocabulairien et mon bavardage blogéen, ce n’est pas vous qui allez vous en plaindre ?

Je suis de retour et pour de bon !
J-20...

PS : Merci pour vos encouragements, comme ça fait du bien !

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18 avril 2007

I'm fired !

Un mauvais présage.

La journée avait mal débuté. Bien remise de ma purge, l'haleine fraîche et l'estomac léger, je saute du lit, tire les rideaux et pousse la foulée jusqu'au salon quand soudain, une vision d'horreur... Une somptueuse oeuvre d'art pausée précautionneusement près du sofa, dans l'attente d'être pendue. Laissez-moi vous faire partager :

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La gentillesse et le bon goût ne doivent pas être compatibles. Comment peut-on acheter une horreur pareille pour l'accrocher dans le living room ?? "Living" c'est pourtant explicite ! Mais avec une telle vue, je ne peux vivre moi !
Enfin, on s'habitue à tout, peut-être même dans quelques temps je lui trouverais un quelconque charme à cette mauvaise sirène mi-européenne, mi-tahitienne sortie des eaux galets ?

Je mets mes oeillères et m'enferme dans la salle de bain pour un bon ravalement de façade. Une bonne résolution pour oublier mes déboires et me refaire un égo : visite culturelle au Metropolitan Museum. Balade chicos sur Fifth Avenue, resto toujours aussi dégueu. Décidément, les lunchs sur le pouce ne sont jamais une réussite. C'est sans doute pour cela que l'on n'hésite pas à couper son élan "dégoûtstatif" pour décrocher son téléphone. Mon boss, texto : "Marlène, tu ne bosses plus à Fifteen".

Douche froide. Des explications : le vieux manager qui ne comprend plus rien au métier et qui est rapia comme ya pas m'a reprochée de lui avoir extorqué le salaire qu'il me devait (mon Pay Shift, c'est-à-dire le salaire minimum qu'il se doit de me verser chaque jour, à savoir 20$.) Or, il avait malencontreusement omis de me le signaler pendant mes 15 premiers jours. C'est Tony, le gentil manager qui me l'a appris. Bonne poire, je patiente 1 mois pour qu'il daigne revenir sur ses petits gains. Peine perdue, je le signale, je m'escrime et je finis par me servir. Il m'a donc reprochée d'avoir piqué dans la caisse, la mauvaise foi, j'y crois pas ! Je me suis bien défendue, sans prendre d'avocat. J'attends le verdict définitif. Toujours est-il que je suis à nouveau au chomage. M'en fous, je vais aller toquer à la maison de mes copains M&M's, eux au moins ils respectent leurs employés...

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J'ai ainsi pu tester le célébrissime adage new yorkais : "Aussi vite embauchée, aussi vite virée."
Je n'ai donc plus de scrupules à le dire : New York est une pute.
Remise en question, mise à plat de nouveaux projets, bilan. Qu'ais-je fait depuis 2 mois ? Que me reste-t-il à faire ? Que puis-je faire en 3 semaines ? J-21, moi aussi je vais commencer à décompter les jours...

Mais je ne me laisse toujours pas désarçonner, je remonte en selle demain l'estomac noué.
New York je vomis sur toi au sens figuré et je te jure que tu ne m'auras pas !

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17 avril 2007

Pas classe !

J'ai vomi sur New York.

Au sens propre, pas encore au figuré.

Les Martini au chocolat blanc furent fatals.
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Et comme ici tout est surdimensionné, ma drunk attitude a pris une dimention démentielle. Mais je soupçonne tout de même un mauvais dosage du bartender car je n'ai jamais été aussi malade, ville de chien!
Les accusés :
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Les victimes :
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Si on m'avait dit qu'un jour je vomirais dans le subway new yorkais, je me serais baffée, pauv meuf que je suis.
Ne jamais dire "JAMAIS".

Rien de telle qu'une bonne cuite pour vous rappeler que votre corps ne peut vous suivre dans tous vos délires. Parfois il est mauvais public, il se rebelle. Cette fois, il s'est arrêté à la sonnerie du métro. Il s'est dissolu dans la rue. "Ne me parle pas, ne me regarde pas, je suis moche à faire vomir."
Enfoiré de chemin, tu n'étais pas si long hier. Je me traîne, je rampe jusqu'à mon palier de porte. Victoire, j'ai vaincu. Pour quelques minutes... JAMAIS, plus JAMAIS une nuit comme la précédente, je renie mes paroles!

Rien de telle qu'une bonne purge pour repartir d'un bon estomac.
Vomies toutes les immondices ingurgitées, vomie la langue américaine, vomie la fatigue, vomie l'énergie qu'il me restait.
Déguste et bouffe ton riz blanc.

Désormais je sais où sont mes limites new yorkaises...
Mais je ne me laisse pas désarçonner, je remonte en selle demain l'estomac plâtré.
New York tu ne m'auras pas !

Pour me rattraper, finissons avec une touche d'esthétisme :
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09 avril 2007

Deux mois déjà

Les jours filent et défilent.

Malheur : il ne me reste qu'un mois !
Un mois et encore tant de choses à découvrir. Ne peut-on pas rallonger les jours, les nuits ? Et concentrer mon année en un petit mois ?

Un mois pour emmagaziner le maximum de souvenirs, de photos, d'amis, de vocabulaire, de pèze, de fringues...
Un mois pour triompher sur Broadway, la jambe résillée crispée à son trapèze, les yeux de biche enjôleurs, les lèvres glossées de rouge amour.
Un mois pour devenir conservatrice au Costume Institute et faire glisser dans l'escalier marbré la Shannon qui m'a promis monts et merveilles.
Un mois pour devenir obèse et prendre goût à la bouffe 100°/° graisse immonde.
Un mois pour dévaliser toutes les boutiques Vintage et bousiller toutes les ballerines de NYC tellement c'est impossible de marcher autant !

Un mois, un mois, un mois, j’ai la pression !
Un beau jour on se lève la tête dans le paté et on réalise que ça y est, le quotidien t’attend au petit déjeuner. La vie reprend son cours, même à des milliers de km : ciné, resto, expo, photo, métro, boulot, dodo… Aussi orgueilleuse que de s’être fait acceptée par cette ville généreuse, aussi méfiante que de se faire bientôt rejeter par cette ville vénéneuse, je reste sur mes gardes. Car maintes fois m’a-t-on prévenue : « New York est une pute ». Mais arrêtez, pourquoi vous parlez comme ça de NYC, vous n’avez pas le droit !

Les premiers pas semblent angéliques lorque l’on tombe en pâmoison devant cette ville aux multiples facettes. On se verrait presque crâner devant ses proches pour montrer à tel point l’intégration fut aisée. Mais les coups bas surgissent une fois la première étape passée avec succès. Trois mois ce n’est rien, un an ce serait bien. Pour parler, écrire, m’expérimenter dans ce qui me plaît : un stage — un vrai— au Costume Institute ou aux archives Conde Nast. Reste à épiner une question subsidiaire : aurais-je assez d’argent pour tenir le siège ? Le mot « money » claque au vent ses oriflammes. Si je veux retomber sur mes pieds, je dois économiser ; fini le temps des cerises, la fourmi NYCity n’est pas prêteuse…

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Le Vrai Stress

Sonnera, sonnera pas ?
Allez sonne cell phone de malheur !

N’ayez pas pitié de moi, je ne suis pas en mode « recherche amis désespérement ». Je n’attends que quelques chiffres porte-nouvelle au doux profil de Shannon. Un appel inconnu manqué me ferait presque sortir de mes gonds (rrrr, foutus clients, pas facile de décrocher avc 4 cafés dans les mains !) une seule combinaison à 10 chiffres pour lever le voile de l’appréhension. Cette appréhension de me dire que je ne suis pas venue à New York pour me révéler serveuse, mais bien pour accomplir ma mission. Celle de suivre Poiret partout à la trace. Il n’y a pas que les rock stars qui aient droit à leur horde de groupies fanatiques. Les couturiers aussi, qu’ils soient vivants ou enterrés.
Je les préfère enterrés. Pas que je sois morbide mais l’histoire a cette force d’en souligner le génie ou d’en effacer les défauts.

— C’est quoi ce sac à patate dans la vitrine?
— Cette pièce est la première robe-sac créée par Paul Poiret.
— Incroyable, si moderne, si fonctionnel, 19O8 vous dîtes ? Un génie ce Paul Poiret…


Car les artistes les plus génialissimes sont souvent les moins reconnus de leur vivant, les moins compris puisqu’en avance sur leur époque ; axiome aussi vrai en peinture, sculpture que couture. Or, la mode ayant depuis quelques décennies seulement gagné ses lettres de noblesse, n’était-elle pas reconnue comme un art à part entière. Un « fournisseur » (ancien terme désignant un couturier) ne devait se montrer à ses clientes sous aucun prétexte mondain.

Ce sera l’anglais Charles-Frédéric Worth qui fera évoluer le statut vers un rang plus noble. L’impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III, n’y est pas étrangère puisqu’elle le sacre du titre honorifique « Couturier de la cour ».
Mais c’est encore Poiret qui accomplit la pirouette de pousser le statut « d’attaché-princier » à celui que nous connaissons aujourd’hui : « le couturier super-star » (expression reprise de l’exposition « Couturier super-star » organisée par Olivier Saillard, mon idole).
De fournisseur, il devient artiste et mécène (ce n’est pas un hasard si on le nomme Poiret Le Magnifique). Aussi artiste que génie, il révolutionne la mode et son système. Aussi bon vivant que provocateur, il organise des fêtes réunissant Le-Tout-Paris où se mêle l’avant-garde parisienne et l’aristocratie internationale, une grande première…
Les classes sociales se fondent dans le rire et le détournement (Poiret prisait l’ironie et se délectait des caricatures burlesques).............................................

Et ça y est je m'emballe ! Et je radote! Vous allez vous dire : "Bon elle va changer de sujet la poirette!" Pardonnez-moi ces quelques bribes de leçons d’histoire de la mode… (mon rêve bis étant de devenir prof du costume ; effectivement j’ai plusieurs rêves simultanés, j’assure mes arrières en cas de raté) mais quand on aime, on ne compte pas. Loin de moi la sensation de vous soûler, j'ai juste besoin de retrouver mes racines, me rassurer en me disant qu'un jour viendra où je pourrais transmettre ma passion...

Poiret, j'irai partout où tu iras !

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08 avril 2007

La Chine américanisée

Des soaps chinois, version « Hélène et les garçons », quoi de plus probant que le pouvoir de la culture américaine ?

Mei, ma colloq chinoise avait convié sa famille pour un repas TV-sofa. Toute à ma nostalgie de repas familial normand, je vis débarquer la mère, le frère, la sœur et la nièce en Total look merlok : casquette, veste en jeans, skinny. Sitôt le palier franchi et les embrassades bruyamment accomplies, je fus surprise de ne pas les entendre débiter le charabia caligraphié. C’est qu’ils maîtriseraient mieux l’anglais que les français, à un détail près que l’intonation canard est difficile à traduire…

Moi qui me délectais de manger chinois home made, je fus quelque peu déçue quand je vis les cuissots de chicken sortir de leurs paquets graisseux (les Etats-Unis regorgent de nappes phréatiques de graisse) et se découper sous la pression du pouce (il est loin le temps où j’admirais mon papy se battre avec un couteau électrique pour venir à bout de la bête dodue de 3 kg). Et tous de déguster son excellence. Ils n’ont jamais dû goûter du vrai poulet tout chaud sorti du poulailler…

Je mastique, je me goinffre de tomates sans goût et de salade en plastique, je snobe la sauce aux oignons dite « French » (le label «French» a bon dos, on le retrouve à toutes les sauces et sur tous les menus. Mais depuis quand les « French toast» = pain perdu, sont-ils aussi démesurés et graissamment détrempés ? Et depuis quand les lardons de la quiche Lorraine sont cimentés dans la béchamel plâtre et la croûte skyscraper ?)

Je déblatère quelques commentaires sur ma courte expérience new yorkaise en hochant la tête avec un sourire niais dés que je ne comprends pas la question du brother (il ne peut pas ôter sa pince à linge ou se mettre un décodeur sur postillons ! Avec tous ces différents accents : chinois, mexicains, plilippin — car j’ai formé une fille au resto qui venait des Philippines— africain, russe, j’en passe et des meilleurs, quelle intonation adopter ? Il n’y a pas de modèle type, à chacun de trouver le sien. Ce qui est bien, c’est que je n’ai plus honte de mon accent, il y a dix fois pire que moi, c’est rassurant. Ici, on ne s’embarrasse pas, l’important est de se faire comprendre, avec les mains, les pieds, le body, n’importe quel subterfuge du moment que le message passe. Ce pourquoi, finalement, les américains sont assez indulgents avec les fautes de langage…

Il était une fois une ville vierge sans couleur nationaliste, des étrangers en mal de terre venus goûter à l’Eldorado, des idées idylliques de monde meilleur, un gouvernement improvisé, une discipline imposée, une architecture abstraite devenue réalité : New York la ville Melting Pot qui seule détient la recette miracle du "Comment savoir vivre ensemble quand on réunit toutes les cultures de la terre".

Ouvrez grand les yeux, vous n‘avez jamais fini d’apprendre. Et si même la Chine s’est mise à proposer des sitcoms à l’eau-de-rose bidon pour faire comme les américains, si même une mamy (la maman chinoise de ma colloq qui a tout de même conservé son petit chemisier kimono) devient accroc au point de ne pas se joindre à table pour ne pas en rater une miette, méfiez-vous, je pourrais bien moi aussi rentrer complètement lobotomisée, arguant que le poulet américain est délicieux et que les Donkin Donuts passent tout seul dans l’estomac.

Ils sont vraiment trop forts ces américains…

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03 avril 2007

Roomy sympa cherche roomy pas relou

Revenons à nos moutons.

La collocation !

Quel bonheur pour celle qui ne s'y attendait pas. Novice en la matière, j'avais quelques apriori sur l'application de ce concept de vie. Comment s'entendre avec des individus que l'on n'a pas choisi mais que l'on retrouve chaque jour dans leur contexte intime : lever du lit la tête dans l'oreiller, déjeuner en pyjama, sortie de douche à walpe, coucher en nuisette. Je ne suis pas du genre à m'embarrasser, je m'adapte vite, je me sens chez moi un peu partout du moment que j'ai un bon lit et une bonne douche; c'est du moins ce que j'ai appris sur moi-même durant ces 2 derniers mois (voilà à quoi ça sert de quitter son pays). Pas de chichis, pas de tralala, je fais comme si j'étais chez moi dans mon studio parisien, sinon comment me sentir en adéquation avec ma nouvelle vie ? Ma colloq chinoise toujours emmitouflée dans 3 pyjamas-pantalon horribles doit se dire que les françaises ne sont pas farouches. D'ailleurs il n'y a pas que ses pyjamas qui flinguent le bon goût, je vomis chaque jour sur le rideau de douche à fleur assorti au tapis de bain et à la cuvette des WC moletonnée...
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Ainsi que sur l'écossais du canapé, les rideaux du living room...
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le single bed de ma chambre et surtout le double bed de ma colloque française: tête de lit toute en finesse, panoplie couette, draps, couvre-lit d'une couleur et d'un toucher exquis, un vrai plaisir des sens!
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Tout ce fric dépensé pour un rendu cataclitique, c'est désolant car pour nous mettre bien, ma proprio-collok Mey nous achète chaque jour de quoi améliorer notre quotidien : nouvelles portes de placard en plastique massif, nouveaux robinets clinquants, fleurs qui piquent du nez sur le palier, étagère de shampoing (primordiale !) et après elle se plaint qu'elle n'a pas assez de rentrée d'argent... "mais arrête d'acheter toutes ces merdes, j'ai envie de dire !" surtout qu'après, qui c'est qui casque, les locataires. 800 $ le mois pour un quartier pourri, excentré, non sécurisé et mal desservi par les transports, c'est de la pure arnaque. Mais je la pardonne car elle est adorable, toujours prête à rendre service. C'est sans doute pour cela que je ne suis pas encore écoeurée de la collocation car se taper un autiste invivable me ferait sûrement changer de point de vue. Une chose est sûre, ne mélangeons pas ami et colloq, les deux statuts sont bien distincts. Si l'on peut supporter les défauts d'une colloq, on ne laisse rien passer à une amie alors restons toujours sur nos gardes afin que le colloq ne devienne pas ami. Bref, de toute façon je pars dans une semaine, cela ne risque pas d'arriver . Cela ne fera que mon troisième déménagement, je ne suis plus à ça près.

Il ne me reste plus qu'à prier pour que je ne me fasse pas harceler une nuit qu'il me serait prise l'idée de rentrer tard. Car je ne déconne pas, ma colloq française s'est fait prise en chantage par le voisin du dessus, une famille de taré. Une soirée entre amis qui a mal tourné et un doigt d'honneur de trop (sacrilège dans le pays de la pudeur), si bien que le paternel l'a prise entre 4 murs en lui réclamant 40$ contre sa vie. Pas chère payée la vie mais elle a tout de même cédé. "Je sais quand tu sors, je sais quand tu rentres, je connais tout le monde dans le quartier, tu es la seule petite blanche" l'aura sûrement fait céder..
Taillot !!!

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