Né en 1895 à Guétaria, une petite ville de pêcheurs, initié très tôt à la couture par sa mère ; il rêve déjà, à 10 ans, de parer les grandes dames de l’aristocratie. La passion donne des ailes ; poussé par cette admiration pour le « beau », sa timidité succombe quand il croise la gracieuse marquise de Casa Torrès, vêtue d’une robe couture : « J’en ferai bien autant moi aussi ! » L’audace et le savoir-faire du jeune homme, mis à exécution, paieront : il devient son petit protégé. À 13 ans, il réalise ainsi son premier tailleur. À 19 ans, il fonde sa première maison de couture à Saint-Sébastien, habille la Monarchie et visite fréquemment les grandes maisons de couture parisiennes, en acheteur passionné. Puis Madrid, Barcelone. En 1937, il a déjà trois maisons de couture lorsque, chassé par la guerre civile espagnole, il s’exile à Paris, après un bref passage à Londres. Avec l’aide d’amis bien placés, il installe peu de temps après, au 10 Avenue George V, son siège épiscopal, et présente sa première collection. Succès immédiat, ce sera le début d’un long règne de trente années aussi monacales que novatrices.

L’année de la contestation soixante-huitarde s’accompagnera du refus catégorique de Balenciaga à se diversifier vers un prêt-à-porter qu’il juge inadaptable à son art. Il ferme ses trois maisons espagnoles, se retire dans sa maison d’Igueldo et décède à Javea, en 1972.

« Balenciaga ferme, la mode ne sera plus jamais la même », s’apitoie Sam White, journaliste dans l’Evening Standard. Quant à la comtesse de Bismarck, elle s’enferme deux jours dans sa chambre…